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Deux grands patrons français appellent les "riches" à donner 10% de leur fortune

L'appel de Denis Duverne (Axa) et Serge Weinberg (Sanofi, en photo) rassemble déjà près de 40 philanthropes du monde de l’entreprise, des sciences ou de la culture.

L'appel de Denis Duverne (Axa) et Serge Weinberg (Sanofi, en photo) rassemble déjà près de 40 philanthropes du monde de l’entreprise, des sciences ou de la culture. - Eric Piermont - AFP

"Changer par le don", c'est le nom d'une initiative lancée par Denis Duverne et Serge Weinberg, présidents d'Axa et de Sanofi, qui demandent aux plus riches de donner 10% de leurs revenus ou patrimoine à des associations, fondations ou fonds de dotation en le faisant savoir.

Denis Duverne et Serge Weinberg ne se mettent jamais sur le devant de la scène. Le grand public ne les connait pas ces deux grands patrons qui président les conseils d’administration d’Axa et de Sanofi. Ils ont décidé de se mettre en avant en lançant l’initiative "Changer par le don". Elle consiste à appeler les Français les plus riches à s’engager à donner au moins "au moins 10% de leurs revenus annuels ou de leur patrimoine à des associations, fondations ou fonds de dotation" et à le faire savoir. 

Cette opération a été dévoilée ce lundi. Elle rassemble déjà près de 40 philanthropes du monde de l’entreprise, des sciences ou de la culture. Parmi eux, Henri de Castries, Jean Todt, Claude Bébéar, le Pr Gérard Saillant, Muriel Robin, Marc Lévy ou Line Renaud. D’ici fin 2019, Denis Duverne et Serge Weinberg espèrent attirer 400 autres signataires.

Cette initiative s’inspire ouvertement du "giving pledge" (promesse de don) qui aux Etats-Unis a conduit 170 milliardaires (Bill Gates, Warren Buffet…) à donner 50% de leur fortune à des causes. "Une telle promesse repose sur un environnement juridique et fiscal différent du nôtre", signalent Denis Duverne et Serge Weinberg sur le site "Changer par le don". La conséquence, selon eux, est qu’en France le système n’incite pas à la générosité. "En 2015, les dons et legs aux associations et fondations ont plafonné et représentent environ 7,5 milliards €, soit 0,3% du PIB contre plus de 1% au Canada et plus de 1,5% aux Etats-Unis".

En 2018, les choses ne se sont pas améliorées comme s'en alarme dans La Croix Marie-Carmen Carles, directrice générosité au Secours catholique: "2018 est pire que ce que nous le pensions. Il reste un peu de temps pour changer les choses, mais l’année s’annonce compliquée, très compliquée…". Elle explique cela par les réformes fiscales, notamment la disparition de l’ISF (impôt sur la fortune) qui a mécaniquement fait chuter les dons.

Denis Duverne et Serge Weinberg en sont pleinement conscients et leur initiative vise justement à inciter à plus de générosité. "C'est d'autant plus nécessaire que les financements publics aux associations ont baissé. La réforme de l'ISF a changé la donne aussi", a déclaré Serge Weinberg aux Echos.

Pascal Samama