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A Los Angeles, des dortoirs capsules contre la crise du logement

Los Angeles est l'une des villes américaines où le prix du loyer est le plus élevé.

Los Angeles est l'une des villes américaines où le prix du loyer est le plus élevé. - Wiki commons

Inspirées des hôtels capsules tokyoïtes, des maisons proposent de se loger à moindre coût dans l’une des villes les plus chères des Etats-Unis. Comme à Los Angeles, pour un loyer de...650 dollars.

Un caisson d'1,22 m de large sur 2,44 de long, pour un loyer qui peut atteindre 800 dollars. Nous ne sommes pas à Tokyo, ville qui compte plus de 6000 habitants au kilomètre carré, mais à Los Angeles, deux fois moins dense mais l’une des plus chères des Etats-Unis.

"Colocation moderne"

En fait, le logement, qui coûte entre 700 et 800 dollars par mois, recouvre un accès à des salles communes comme la cuisine mais aussi salle de musique ou studio photo par exemple. Les colocataires ont aussi droit à des conférences et à des animations comme des concerts.

UP(st)ART est un réseau de 374 lits dans huit maisons "artistiques modernes" et "à mi-chemin entre le camp de vacances et un dortoir". Jeremiah Adler, le fondateur, s’adresse à des artistes qui cherchent à conquérir Hollywood avec un maigre salaire. Mais tout de même capables de débourser plus de 700 dollars chaque mois pour se loger.

Deux fois moins cher que la moyenne

"Concentrez-vous sur votre art, sans avoir à travailler comme serveur ou serveuse pour payer un loyer de 1500$ pour un studio que vous devrez lâcher dans douze mois", promeut celui qui a lancé l’offre il y a trois ans. L'entrepreneur assure que le lit de 3m2 , agrémenté d’un ventilateur, de compartiments pour les chaussures et d’un rideau, est "douillet". C'est surtout deux moins cher que le loyer moyen d’un studio à Los Angeles.

Ce type de dortoir, symptôme d’une crise du logement, existe également à New York et San Francisco. Les 2,5 milliards de dollars promis par Apple la semaine dernière, pour pallier la flambée des prix dans la ville au pont rouge, a spectaculairement rappelé le problème. Avant ce géant de la tech, Facebook et Google ont également mis la main à la poche pour construire des logements plus accessibles.

Pour Dana Cuff, architecte et urbaniste enseignant à l'université de Californie à Los Angeles, ce concept est populaire dans les grandes villes confrontées à une pénurie de logements mais ne peut constituer qu'une réponse à court terme. "La colocation, le partage de capsules, ce sont des symptômes de ce besoin profond de solutions alternatives", dit-elle à l'AFP. En moyenne, les résidents restent six mois chez UP(st)ART. Les plus doués et chanceux rejoindront peut-être les hauteurs de Beverly Hills... Ou Atherton, commune californienne de millionnaires, où instituteurs, policiers, ou jardiniers peuvent faire trois à cinq heures de trajet par jour pour se s'y rendre. En 2016, Los Angeles était elle la « capitale américaine des sans-abris ».

Pour remédier à cette crise du logement, San Francisco fait désormais payer une taxe aux grandes entreprises pour financer l'aide aux SDF. Berlin a elle bloqué le prix des loyers sur cinq ans. En 2015, Paris avait également planché sur la transformation de bureaux vacants en habitations.

Fanny Guyomard avec AFP