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Smic, impôts: ce que réclame Pierre Gattaz

Pierre Gattaz souhaite que l'Etat verse à complément pour que les employés en formation atteignent le Smic.

Pierre Gattaz souhaite que l'Etat verse à complément pour que les employés en formation atteignent le Smic. - Eric Piermont - AFP

Dans un entretien à Challenges, le président du Medef préconise d’embaucher les adultes en formation à 80% du Smic. Et appelle à la mise en place d’un impôt proportionnel sans niche fiscale pour les sociétés.

Pierre Gattaz ne manque pas d’idées. Dans un entretien à paraître jeudi dans Challenges, le patron des patrons propose aux entreprises d'embaucher, à 80% du Smic, des adultes qu'elles formeraient pendant 18 à 24 mois. Une rémunération qui devrait être complétée par d'autres dispositifs pour atteindre le salaire minimum.

"Je préconise de créer des contrats de professionnalisation sur mesure, en permettant aux entreprises d'embaucher à 80% du Smic, comme c'est la règle pour les moins de 26 ans", déclare ainsi le président du Medef.

"L'entreprise les formerait pendant une durée de dix-huit à vingt-quatre mois, un investissement lourd. Et leur rémunération devrait être complétée par l'indemnité de chômage ou le RSA pour atteindre le Smic", détaille-t-il. Cette mesure contribuerait à enrayer le chômage et pallier la pénurie de main d'oeuvre dans certains secteurs d'activité, selon lui.

500.000 fonctionnaires affectés à la simplification

Sur la question de la dégressivité des allocations chômage, Pierre Gattaz répond par un "pourquoi pas, ou revoir les durées et conditions d'indemnisation". Pour rappel, le Premier ministre Manuel Valls avait affirmé fin février que la question d'une éventuelle dégressivité des allocations chômage n'était "pas aujourd'hui (son) sujet", mais constituait un "défi" pour les partenaires sociaux.

En matière de fiscalité qu'il juge "instable, souvent punitive et compliquée", Pierre Gattaz prône par ailleurs l'instauration d'un impôt proportionnel sans niche fiscale ("flat tax") pour les sociétés et les plus-values.

Dans le cadre des efforts de simplification chers au gouvernement pour lutter contre l'inflation des normes, le chef de la principale organisation patronale française suggère d'"affecter entre 5 et 10% des fonctionnaires à la simplification", soit 500.000 agents, et un "binôme chef d'entreprise-haut fonctionnaire dans chaque ministère".

Y.D. avec AFP