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Sans l'euro, "la France serait seule face à la spéculation des marchés"

"L'Europe devrait concentrer son énergie sur quelques projets: par exemple, la Défense, la transition énergétique, un Erasmus Pro pour les jeunes moins qualifiés.", estime François Villeroy de Galhau.

"L'Europe devrait concentrer son énergie sur quelques projets: par exemple, la Défense, la transition énergétique, un Erasmus Pro pour les jeunes moins qualifiés.", estime François Villeroy de Galhau. - Philippe Lopez- AFP

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a déclaré dans une interview à Ouest-France que la monnaie unique est "un grand acquis pour peser face à l'Amérique de M. Trump ou à la Chine".

Alors que ce samedi est célébré le 60e anniversaire du traité de Rome, le gouverneur de la Banque de France François Villleroy de Galhau a estimé que, sans l'euro, "la France serait seule face à la spéculation des marchés financiers", dans une interview au quotidien Ouest-France.

"Avec l'euro, la France et ses voisins ont construit une souveraineté européenne. C'est un grand acquis pour peser face à l'Amérique de M. Trump ou à la Chine. Si elle n'avait pas l'euro, la France serait seule face à la spéculation des marchés financiers et face au reste du monde", déclare François Villeroy de Galhau.

"Notre monnaie a apporté trois grands bénéfices pratiques: des prix qui augmentent moins; des taux d'intérêt plus bas sur nos emprunts; et une monnaie reconnue internationalement", souligne le gouverneur de la Banque de France qui poursuit: "L'euro protège donc le pouvoir d'achat des Français, et d'abord celui des plus défavorisés. Il protège aussi la valeur de leur épargne: une dévaluation de notre monnaie serait une dévalorisation de notre patrimoine".

Des effets positifs sur la dette publique

Interrogé sur l'impact qu'aurait sur la dette publique un retour au Franc, François Villeroy de Galhau a assuré: "Les taux bas ont fait gagner entre 30 et 60 Mds d'euros d'intérêt par an. Sans l'euro, à terme, les intérêts de la dette publique seraient donc chaque année majorés d'autant. 30 Mds, c'est le budget de la Défense; 60 Mds, c'est presque celui de l'Education nationale!".

"L'euro, c'est l'unité et la paix. Cette force n'a malheureusement rien perdu de son actualité dans le monde très incertain de 2017", affirme encore le gouverneur, avant de tracer quelques pistes: "L'Europe devrait concentrer son énergie sur quelques projets: par exemple, la Défense, la transition énergétique, un Erasmus Pro pour les jeunes moins qualifiés. Il faut bien sûr faire mieux mais partons de ce que nous avons déjà réussi: notre monnaie, l'euro", conclut-il.

La rédaction avec AFP