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Richesse, obésité, immigrés... 7 préjugés français qui ont la vie dure

Les Français croient savoir que le 1% les plus riches de nos concitoyens détiennent 50% de la richesse nationale. Ce n'est que 23% en fait.

Les Français croient savoir que le 1% les plus riches de nos concitoyens détiennent 50% de la richesse nationale. Ce n'est que 23% en fait. - Olivier Morin - AFP

Une étude d'Ipsos révèle des écarts importants entre la perception des Français et la réalité sur nombre de sujets ayant trait à l'économie et qui influent sur leurs choix politiques. A commencer par la richesse et l'immigration.

Les Français prennent-ils leur croyance pour la réalité? Oui sur de nombreux sujets si on en juge l'étude annuelle d'Ipsos sur les préjugés des Français. Nos compatriotes auraient clairement tendance à noircir le tableau et à surestimer des phénomènes comme la concentration des richesses ou l'immigration.

En revanche, ils font preuve de trop d'optimisme sur d'autres comme l'obésité par exemple qu'ils sous-estiment largement en France. Certes, ils ne se trompent pas sur tout. Par exemple sur la question de la représentation des femmes en politique. Ils estiment que 28% du corps des élus français sont de sexe féminin (26% dans la réalité). Ou encore sur l'accès de nos concitoyens à Internet. S'ils n'ont pas le bon chiffre (86%) ils ont un bon ordre de grandeur (80%). Mais ce sont les deux seuls sujets choisis par Ipsos où leur perception est proche de la réalité. Sur les 8 autres, leurs préjugés sont parfois très loin de la réalité. 

Passage en revue...

1. La concentration des richesses en France

L’argent est un sujet épineux que les Français abordent avec beaucoup d’imprécisions. L'enquête d'Ipsos laisse apparaître une méconnaissance totale de la proportion de richesse détenue par le 1% des ménages les plus aisés. Les Français pensent en moyenne que ces "ultra-riches" possèdent à eux seuls plus de la moitié des richesses du pays. En fait c'est 23%. Et interrogés sur le pourcentage que devrait détenir selon eux ce 1% des ménages les plus aisés, le taux moyen des réponses (27%) est supérieur à la réalité.

2. Les jeunes aux crochets de leurs parents

Les difficultés des jeunes à trouver un travail et par extension un logement amènent aussi les Français à surestimer l'importance de la génération "Tanguy", ces adultes de 25 à 34 ans qui vivent encore chez leurs parents. L’estimation moyenne atteint 36%, soit trois fois plus que le chiffre réel (11%). 

3. Une immigration largement surestimée

Les résultats de l’enquête 2014 reflétait déjà la préoccupation des Français sur la question de l’immigration. Il n’y a aucun changement perceptible à ce sujet puisque nous surestimons toujours de 14 points la population immigrée en France. Le taux réel est de 12% alors que les personnes interrogées le voient à 21%. 

4. Une France moins rurale que ce que l'on croit

Là encore les Français se trompent. La France rurale des près, des vaches et des cochons est moins importante qu'ils ne se la figurent. Un effet "Salon de l'agriculture"? Quoi qu'il en soit les Français surestiment très largement le nombre de leurs concitoyens vivant en zones rurales. Ils pensent qu'ils représentent encore 43% de la population alors qu'ils sont moitié moins (21%). La France est clairement un pays très urbain. 

5. L'obésité nous inquiète moins qu'elle devrait

Le poids est un problème de santé publique croissant, mais les résultats de l’enquête suggèrent que nous ne nous en inquiétons pas autant que nous le devrions. Les Français pensent ainsi que 32% des personnes âgées de plus de 20 ans sont en surpoids ou obèses, alors que la réalité est beaucoup plus alarmante: près de 1 Français sur 2 se trouve être en situation de surpoids ou d’obésité (49 %). 

6. Les jeunes ne sont pas aussi nombreux

Cela peut paraître paradoxal car les Français sont bien au courant du vieillissement de la population (ils ont même tendance à l'exagérer). Mais ils surestiment aussi la population jeune. 1 Français sur 5 a moins de 14 ans. Les personnes interrogées par Ipsos pensent que c'est plus d'un quart.

7. Nous nous voyons plus athés que ce nous sommes

Un paradoxe encore. Si d'un côté les Français surestiment certaines pratiques religieuses comme l'islam (ils pensent que les musulmans représentent 31% de la population contre 8% ans les faits), ils surévaluent aussi fortement la proportion de personnes athées, agnostiques ou ne se reconnaissant dans aucune religion. Nous les estimons à 46% de la population alors qu'ils ne représentent qu'à peine 28%.

Frédéric Bianchi