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Revenu universel: pourquoi Hamon a bien fait de revoir sa copie

La mesure phare de Benoît Hamon peine à séduire les Français.

La mesure phare de Benoît Hamon peine à séduire les Français. - Odd ANDERSEN / AFP

Selon une étude BVA pour la Dress, les Français ne sont que 19% à soutenir une allocation unique versée à tous. En revanche, 37% d'entre eux sont favorables à une allocation réservée aux personnes les plus en difficulté, comme le propose désormais le candidat socialiste.

Les Français sont partagés sur le revenu universel. Si près de la moitié d'entre eux ont entendu parler de la mesure phare du candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon, seul 1 sur 5 aimerait le voir mis en place dans sa version initiale, révèle ce mardi une étude BVA* pour la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du ministère des Affaires sociales et de la Santé (Drees).

En effet, parmi les sondés, 19% se déclarent "favorables" à la mise en place de cette allocation unique versée à tous sans conditions de ressources. Or, ils sont 37% à préférer une allocation unique réservée aux personnes les plus en difficulté -principe assez proche de la nouvelle proposition de Benoît Hamon-, selon le baromètre d'opinion 2016 réalisé par la Drees. Toutefois, une majorité relative (44%) reste attachée au système actuel de prestations sociales différenciées.

Pour rappel, selon le dernier sondage semblable publié fin janvier, 61% des Français se disaient contre le revenu universel. La mesure, dans sa première mouture, semble donc faire de moins en moins d'adeptes. 

1 Français sur 2 a déjà entendu parler du revenu universel

Au total, 48% des personnes interrogées disent avoir entendu parler du revenu universel mais seules 15% déclarent en avoir une "connaissance précise". Dans le détail, les hommes (55%) et les plus de 50 ans (53%) sont ceux qui disent le connaître davantage.

Le niveau de vie et le diplôme ont également une influence: 65% des personnes aux niveaux de vie les plus élevés (au-delà de 2.400 euros mensuels) et 72% des personnes les plus diplômées déclarent connaître ce dispositif. Des chiffres à "interpréter avec prudence" car "les personnes diplômées ou à niveau de vie élevé avouent moins souvent leur ignorance", souligne toutefois la Drees. Enfin, près de 1 étudiant sur 2 n'a jamais entendu parler du revenu universel.

Si le revenu universel était instauré, il devrait être pour une majorité des sondés (54%) d'un montant de 1.000 euros pour un adulte seul, et pour 23% de 750 euros. Pour plus de 8 Français sur 10, sa mise en place devrait répondre à deux objectifs principaux: établir un niveau de vie digne pour tous et simplifier les démarches administratives des allocataires.

*Données collectées entre octobre et novembre 2016, auprès d'un échantillon de 3.038 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans ou plus résidant en France métropolitaine (méthode des quotas).

P.L avec AFP