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Revenu universel: bientôt une expérimentation "officielle"?

Plusieurs collectivités sont favorables à l'expérimentation du revenu de base.

Plusieurs collectivités sont favorables à l'expérimentation du revenu de base. - Philippe Huguen - AFP

Deux associations défendant l’expérimentation du revenu de base sont reçues ce vendredi à l’Élysée. Objectif: convaincre le gouvernement de franchir le pas.

Le revenu universel, une idée qui fait son chemin… jusqu’au palais présidentiel. L’association Mon Revenu De Base, qui s’est récemment distinguée par l’organisation d’un tirage au sort permettant de gagner 1000 euros par mois pendant un an, sera en effet reçue à l’Élysée ce vendredi. Une autre organisation, le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) sera aussi de la partie.

Les deux associations y rencontreront la "conseillère inclusion et égalité femmes hommes et citoyenneté et le Délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes", indique un communiqué. Objectif: sensibiliser les pouvoirs publics sur la possibilité d’une expérimentation à grande échelle du revenu de base.

Actuellement, plusieurs collectivités, dont onze départements, ont fait part de leur intérêt. "Nous allons proposer de consacrer quelques millions d’euros pour cette expérimentation", indique Julien Bayou, l’un des membres de la délégation. Plusieurs formules seront ainsi proposées aux représentants de l’État: une expérimentation avec différents montants (500, 800, voire 1000 euros par mois), différents territoires (ruraux, urbains), ou différents publics (agriculteurs, mères célibataires).

Une loi avant avril?

Pour convaincre du sérieux de leur démarche, les promoteurs de cette expérimentation en ont chiffré le coût, avec plusieurs scénarios. Pour une ville de 23.000 habitants comme Grande-Synthe (favorable au projet), à raison de 1000 euros par mois pour les adultes et 500 euros mensuels pour les mineurs, l’investissement représenterait un peu plus de 550 millions d’euros sur deux ans.

Dans les mêmes conditions, une expérimentation dans une ville de 5000 habitants coûterait 120 millions d’euros sur deux ans.

Reste deux étapes majeures à franchir. D’une part, le financement de la mesure: Le Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), doté de plusieurs milliards d’euros, "pourrait offrir un cadre utile et les moyens nécessaires pour cette expérimentation", font valoir les associations.

D’autre part, le vote d'une une loi, permettant cette expérimentation. Mais pour Julien Bayou, "il est tout à fait possible de la faire passer d’ici le mois d’avril", date à laquelle sera présenté un grand plan de lutte contre la pauvreté.

Y.D.