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Revalorisation des retraites complémentaires

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Les gestionnaires des régimes de retraite complémentaire qui concernent les salariés du secteur privé ont décidé en 2013 pour éviter le creusement du déficit de ces régimes de limiter la hausse des retraites complémentaires au taux d’inflation minoré d’un point.

Et comme ce taux d’inflation est de l’ordre de 1%, cela revient à ne pas augmenter les pensions. Cette absence de revalorisation qui se concrétisera au 1er avril est forte sur le plan symbolique mais ce qui est important c’est que nous sommes engagés dans un processus de baisse du pouvoir d’achat des retraités.

La crise atteint les retraités

Jusqu’à présent pour essayer de réduire le déficit des régimes de retraite, on avait essentiellement joué sur l’effectif des retraités d’une part et sur le montant des cotisations.

Pour équilibrer un régime de retraite en situation de déficit vous pouvez soit taxer les actifs, soit limiter le nombre de retraités en retardant l’âge de départ à la retraite soit réduire les pensions versées.

Jusqu’à présent on avait surtout joué sur les 2 premiers tableaux. Ainsi en retardant l’âge de départ à la retraite on a réduit le flux des nouveaux retraités de 610 000 en 2011 à 575 000 en 2012.

Malgré cela les régimes de retraite sont en déficit. Si on prend ce que l’on appelle les régimes de base, c'est-à-dire les régimes obligatoires hors Agirc /Arrco qui représente les trois quarts des retraites versées le déficit de 2012 s’est établi à 6 Mds €. En rajoutant l’Agirc Arrco on arrive pour 2012 à un déficit total de 9 Mds €. Et les projections pessimistes se sont multipliées. Ce qui déséquilibre notamment les retraites complémentaires, c’est que, les nouveaux retraités ayant eu des carrières mieux rémunérées que les anciens, à nombre équivalent de retraités la charge financière est plus importante.

Il faut donc se montrer assez radical

La sécurité sociale accumule les déficits. On a créé au moment du plan Juppé en 1995 une caisse, la Cades en charge de la gestion de la dette à long terme de la sécurité sociale. Elle devait en assurer le remboursement grâce à la contribution dite de la CRDS puis disparaître en 2005. On l’a prolongée jusqu’en 2021 et fin 2012 elle avait encore près de 160 Mds € à rembourser. La CRDS rapportait 3 Mds € à sa création ; nous en sommes à 14 Mds € et le trou continue à se creuser.

Nous nous orientons donc vers des mesures d’autant plus radicales que la croissance n’est pas au rendez-vous. Les retraites reposent dans leur mode de calcul sur des droits acquis par les cotisants. Mais pour que ces droits aient une réalité, il faut qu’il y ait de la richesse produite que l’on puisse redistribuer. Les retraites représentent déjà 14 % de la richesse produite et si le nombre de retraités s’accroît ce pourcentage va lui-même s’accroître.

N'y a-t-il pas d'autre solution ?

Dans beaucoup de pays, il y a des fonds de pension qui placent l’argent à l’extérieur pour profiter des taux de croissance plus élevés de leurs voisins. C’est le cas du Japon dont la population vieillit et qui a placé des fonds en Indonésie ou même en Chine. C’est le cas de l’Allemagne. Mais évidemment c’est risqué. Les Allemands ont beaucoup investi en Turquie et ils sont inquiets sur le devenir de leurs fonds et des retraites qui en dépendent.

En France nous ne pouvons compter que sur nos propres forces et comme celles-ci sont affaiblies il est clair que l’âge de départ à la retraite va être fortement reculé dans les années qui viennent et que le pouvoir d’achat des retraités aura du mal à être maintenu.

La rédaction