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Retraites: Laurence Parisot contre toute hausse des cotisations

Dans un entretien au Figaro, la présidente du Medef, Laurence Parisot, redit son opposition à tout nouveau prélèvement pour parvenir à équilibrer le régime des retraites./Photo prise le 18 mai 2010/REUTERS/Philippe Wojazer

Dans un entretien au Figaro, la présidente du Medef, Laurence Parisot, redit son opposition à tout nouveau prélèvement pour parvenir à équilibrer le régime des retraites./Photo prise le 18 mai 2010/REUTERS/Philippe Wojazer - -

PARIS - Le relèvement de l'âge de départ à la retraite et l'allongement de la durée de cotisation au rythme d'un semestre par an permettrait de...

PARIS (Reuters) - Le relèvement de l'âge de départ à la retraite et l'allongement de la durée de cotisation au rythme d'un semestre par an permettrait de parvenir à un équilibre financier durable du régime, estime Laurence Parisot dans un entretien publié mercredi par Le Figaro.

La présidente du Medef, qui avait promis de dévoiler au début juin ses propositions pour la réforme des retraites, redit en revanche son opposition à tout nouveau prélèvement.

"Le gouvernement raisonne aujourd'hui sur la base d'un trimestre de cotisations en plus par an. Mais pourquoi pas un semestre par an ? Si ça permettait un vrai retour à l'équilibre, il me semble que ça en vaudrait la peine !", affirme-t-elle. Elle demande à cet égard que le Conseil d'orientation des retraites rende publics les scénarios d'âge, de durée et de rythme de relèvement des paramètres qui garantissent l'équilibre financier.

Une hausse des cotisations, selon elle, ne ferait qu'aggraver les difficultés du pays en matière de compétitivité.

"Nous devons réussir cette réforme sans augmenter les cotisations car il faut en même temps avoir l'assurance de maintenir la compétitivité de la France. Le gouvernement semble en mesurer aussi la nécessité", indique-t-elle.

"Chercher de nouvelles recettes fiscales (...), tout cela marcherait peut-être deux ou trois ans puis nous entraînerait à nouveau dans un cercle vicieux d'appauvrissement encore plus rapide".

La présidente du Medef continue de prôner un développement de la capitalisation aux côtés du système par répartition et, sur le problème de l'emploi des seniors, reconnaît la nécessité d'une mobilisation des entreprises jusqu'ici peu désireuses de conserver et a fortiori d'embaucher des quinquagénaires.

"Nous sommes prêts à consacrer beaucoup d'énergie pour aller dans cette direction", assure-t-elle. "Il nous faut assimiler cette évidence qu'à 55 ans on ne gère pas une fin de carrière mais une nouvelle étape dans la vie professionnelle".

Laurence Parisot réaffirme par ailleurs la position du Medef sur la question de la pénibilité, en expliquant que sa prise en compte ne peut se faire qu'au cas par cas.

"Sauf à vouloir recréer des régimes spéciaux, cela ne peut se faire que de manière individuelle", dit-elle.

Elle propose la création d'une commission mixte comprenant des représentants de l'entreprise, des organisations syndicales et des médecins-conseils de l'Assurance-maladie et qui validerait les situations au cas par cas.

Véronique Tison, édité par Jean-Baptiste Vey