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Reprise des discussions sur l'allègement de la dette grecque

Le premier ministre grec Alexis Tsipras et le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker

Le premier ministre grec Alexis Tsipras et le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker - Wikimedia Commons cc

Athènes a rassuré Bruxelles sur la poursuite des réformes.

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a annoncé samedi 24 décembre la reprise des discussions avec Athènes sur des mesures de court terme d'allègement de la dette grecque.

Ces mesures proposées par le Mécanisme européen de stabilité (MES) ont été entérinées le 5 décembre par l'Eurogroupe, mais le fonds d'aide financière de la zone euro a suspendu leur mise en oeuvre neuf jours plus tard, après la décision du gouvernement grec de distribuer une prime aux retraités modestes.

Réduction de 20 points de PIB

Dans un communiqué, Jeroen Dijsselbloem a déclaré que les créanciers de la Grèce avaient accepté de renouer le dialogue après réception d'une lettre du gouvernement grec réaffirmant l'engagement d'Athènes à mener à bien son programme de réformes. "Je suis heureux de conclure que nous avons ouvert la voie (...) à la poursuite des procédures de mise en oeuvre des mesures à court terme sur la dette, qui seront conduites en janvier", a ajouté le président de l'Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de la zone euro.

"Nous avons été rassurés par la note d'évaluation des institutions qui indique que les préoccupations initiales importantes, à la fois sur la procédure et sur le fond, sont levées par cette lettre (...), en particulier en ce qui concerne les retraites", a déclaré un responsable européen. "Dans ce contexte, les procédures formelles du mise en oeuvre du MES et du FESF (Fonds européen de stabilité financière) seront conduites en janvier", a-t-il dit.

A Bruxelles, des sources au sein de l'Eurogroupe ont confirmé que l'accord sur l'allègement à court terme de la dette, qui se fera essentiellement par la prolongation de prêts à faible taux d'intérêt, serait débloqué par les ministres des Finances de la zone euro dès le mois prochain.

Ces mesures doivent permettre de réduire le poids de la dette grecque de 20 points de pourcentage du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2060, tout en remettant à plus tard, après les élections législatives prévues cette année aux Pays-Bas (mars) et en Allemagne (septembre), un allègement plus structurel.
La dette grecque s'élève actuellement à environ 200 milliards d'euros.

La Grèce a accepté de mettre en oeuvre des mesures d'austérité dans le cadre d'un plan de renflouement financier conclu avec ses créanciers internationaux en août 2015. Le plan, d'un montant de 86 milliards d'euros, est versé par tranches en fonction de la mise en oeuvre des réformes promises par Athènes.

J. H. avec Reuters