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Reprise de Bio C'Bon: les offres en présence

Biocoop va proposer de reprendre "100% des salariés, dans les magasins, à la logistique ou au siège" de Bio C'Bon, dans une offre de reprise améliorée qui sera étudiée vendredi par le tribunal de commerce de Paris

Biocoop va proposer de reprendre "100% des salariés, dans les magasins, à la logistique ou au siège" de Bio C'Bon, dans une offre de reprise améliorée qui sera étudiée vendredi par le tribunal de commerce de Paris - ALAIN JOCARD © 2019 AFP

Plusieurs distributeurs ont déposé des dossiers solides pour tenter de reprendre Bio C'Bon, placé en redressement judiciaire début septembre et qui compte un gros millier de salariés.

Naturalia s'est (en grande partie) retiré de la course en évoquant des "zones d'ombre", mais plusieurs distributeurs se sont positionnés en déposant des dossiers solides pour tenter de reprendre le spécialiste Bio C'Bon, placé en redressement judiciaire début septembre et qui compte un gros millier de salariés.

  • Biocoop: la carte du spécialiste bio

Faire barrage à "la grande distribution" en gardant Bio C'Bon dans le giron d'un "réseau bio spécialisé": c'est l'argument de Biocoop, le leader du secteur, qui se prévaut du soutien d'élus locaux. Il s'est associé avec un autre spécialiste, Marcel&Fils, surtout implanté dans le sud-est de la France.

Les deux enseignes prévoient de reprendre 104 magasins, dont plus des deux-tiers pour Biocoop. Et "100% des salariés, dans les magasins, à la logistique ou au siège", selon le président de Biocoop, Pierrick De Ronne. Mais pas l'outil logistique et le siège.

Dans un premier temps, les deux offrants ont proposé un prix de cession, qui sert notamment à apurer le passif de Bio C'Bon, très symbolique: à 15 euros pour Biocoop, 11 euros pour Marcel&Fils. Ils l'ont depuis "augmenté substantiellement", à 17,5 millions d'euros. Plus au moins 20 millions d'euros d'investissements pour rénover le parc repris.

  • Carrefour: de gros investissements

Représentant de cette "grande distribution", Carrefour s'appuie sur l'expertise de son "monsieur Bio" Benoît Soury, ancien dirigeant de La Vie claire, pour défendre un projet de reprise large: 107 points de vente ainsi que le siège du groupe repris, solutions de reclassement "proposées à 100% des salariés travaillant sur les sites d'Aix-en-Provence et d'Athis-Mons", soit 1.009 emplois préservés. En matière d'investissements aussi, Carrefour affiche ses ambitions, avec un prix de cession global réévalué à 60 millions d'euros, selon des sources proches du dossier, auquel s'ajoutent plus de 40 millions d'euros d'investissements, le tout "financé sur fonds propres".

  • Zouari: 120 magasins repris

Le groupe Zouari, franchisé du groupe Casino et actionnaire des surgelés Picard, chiffre le prix de cession global à 10 millions d'euros. Il prévoit de reprendre 120 magasins, soit 100% du parc, "100% du personnel des magasins" et "100% du personnel de la logistique et l'ensemble du personnel administratif", selon un courrier aux salariés consulté par l'AFP.

Avec à la baguette l'ancien directeur général de Biocoop Gilles Piquet-Pellorce, Zouari promet en outre "70 millions d'euros" d'investissements, "sur fonds propres", notamment pour la rénovation des magasins. Ainsi que l'ouverture du capital de la structure de reprise aux salariés, à hauteur de 5%.

Le groupe propose enfin aux quelque 2850 particuliers qui avaient investi pour le développement de l'entreprise et craignent de perdre leur mise -qu'ils évaluent au total à 114 millions d'euros- "la possibilité d'accéder au capital de la structure de reprise, sans investissement supplémentaire de leur part", s'est félicitée l'association les représentant, Adibio, mercredi dans un communiqué annonçant "son soutien total et sans réserve" à l'offre Zouari.

  • Auchan: la discrétion

Le distributeur alimentaire de la galaxie Mulliez a déposé une offre portant sur 57 magasins et 318 emplois, notamment en Ile-de-France (38 magasins, 220 emplois). Auchan explique vouloir ainsi "aller vers ses clients à travers un maillage de magasins implantés au coeur des lieux de vie de ces derniers" et "conquérir de nouveaux clients ayant des aspirations pour le consommer mieux, sain et local".

Il exploiterait les magasins repris "sous l'une des enseignes du groupe Auchan", indique-t-il en précisant qu'y serait mis "l'accent sur l'offre de produits Bio", et propose un prix de cession de 5 millions d'euros. Il n'indique pas l'investissement qu'il souhaiterait réaliser au sein du réseau Bio C'Bon en cas de reprise.

  • Naturalia refroidi par des "zones d'ombre"

Un autre cador s'était fait connaître, le groupe Casino via son enseigne spécialisée Naturalia. Associée avec Bernardo Sanchez Incera, ancien dirigeant de Monoprix ou Zara France, l'enseigne prévoyait de reprendre au total 85 magasins dont 28 pour Naturalia.

Nous avons estimé que des zones d'ombre multiples ne permettent pas de conclure à l'absence de risques sur cette reprise", a expliqué le patron de Naturalia Allon Zeitoun début octobre.

Naturalia a finalement déposé une offre "sur un périmètre certes plus restreint, mais qui pourrait être complémentaire d'offres de reprise plus globales", d'un montant de 1,2 million d'euros pour neuf fonds de commerce, à Paris (deux), Clamart, au Raincy, à Puteaux et Suresnes pour l'Ile-de-France, à Marseille, Nice et Rouen dans le reste de la France. Au total, 68 salariés sont concernés.

P.D. avec AFP