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Remaniement: Sapin et Macron se partagent le Minefi

Michel Sapin ne sera pas seul maître à bord du ministère de l'Economie et des Finances.

Michel Sapin ne sera pas seul maître à bord du ministère de l'Economie et des Finances. - Alberto Pizzoli - AFP

Michel Sapin garde finalement son poste de ministre des Finances et des Comptes publics. Emmanuel Macron prend la place d'Arnaud Montebourg.

Après l'annonce du deuxième gouvernement Valls ce mardi 26 août, l'expérimenté Michel Sapin garde son poste de ministre des Finances et des Comptes publics, et le jeune Emmanuel Macron reprend le poste de ministre de l'Economie et de l'Industrie d'Arnaud Montebourg. 

Dans la journée pourtant, des informations donnaient Michel Sapin seul maître à bord à Bercy après le départ d'Arnaud Montebourg.

Il était question qu'il devienne "ministre de l'Economie, des Finances et des Comptes publiques". Un poste qu'il connaît bien pour l'avoir déjà occupé sous François Mitterrand dans les années 90.

Donner à ce proche du Président, ex-camarade de promotion à l'ENA, un pouvoir sans partage sur Bercy aurait été conforme à la commande de François Hollande pour ce nouveau gouvernement: des hommes en cohérence avec "les orientations qu'il a lui-même définies".

Mais visiblement Manuel Valls ne l'entendait pas ainsi. Le Premier ministre a réussi à convaincre Emmanuel Macron de rejoindre le gouvernement, le Président de la République d'accepter cette nomination. Et au final, c'est le fidèle Michel Sapin qui, une fois de plus, a accepté un portefeuille ne correspondant pas à ce qu'il espérait.

Le modèle à l'allemande, dans lequel le duo Sapin-Montebourg exerçait une autorité conjointe sur les différentes administrations dépendantes de Bercy, comme par exemple la Direction générale du Trésor, est donc conservé. Une organisation instaurée par le premier gouvernement de Manuel Valls, annoncé le 2 avril 2014. Auparavant, ce ministère était géré par un homme de tête, secondé par des ministres ou secrétaires d'Etat.

Au moment de leur nomination, la presse doutait de la capacité des deux hommes à se partager les tâches, Michel Sapin répondait en avril que "dans quelques jours, vous aurez le sentiment de la cohérence, de la cohésion, nous partagerons toutes les décisions et parlerons d'une seule voix".

Il avait néanmoins marqué son territoire. Très localement d'abord, en s'installant au sixième étage de Bercy, le bureau symbole du pouvoir au Minefi, que Montebourg lui disputait âprement. A l'international ensuite: "Celui qui ira à Bruxelles, l'image de la France, le visage de la France, ce sera moi", avait-il souligné. Il avait toutefois promis qu'il s'y rendrait en "porteur d'un langage commun".

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Nina Godart