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Qui va payer le RSA ?

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Le Revenu de Solidarité Active sera financé par une taxe sur les revenus du capital. Mais qui est concerné ?

Nicolas Sarkozy va le confirmer aujourd'hui lors de son déplacement en Mayenne, département test pour la mise en place du RSA : une partie de ce Revenu de Solidarité Active devrait être financée par une nouvelle contribution, une nouvelle taxe : 1,1% serait prélevé sur ce que l'on appelle les revenus du capital.

Qu'entend-on par revenus du capital ?

Il s'agit en quelque sorte de l'argent gagné en dehors des revenus du travail. Il y a d'abord le patrimoine : appartements, maisons, locaux ou terrains qui sont loués. Les bénéfices de ces locations seront soumis à ce prélèvement de 1,1%, qui s'ajoute aux 11% de taxe déjà en place sur ces revenus. Le revenu du capital comprend aussi les placements : les dividendes des portefeuilles d'actions, les PERP (Plan d'Epargne retraite des particuliers) ou encore le placement préféré des Français, à savoir l'assurance vie.

Qui est concerné par cette nouvelle taxe ?

Il y a d'abord les Français qui remplissent la case « revenu foncier » sur leur feuille d'imposition, soit un peu plus de 3,6 millions de foyers en 2006. Mais également les Français qui ont de l'épargne : il y a par exemple en France environ 6 millions et demi d'actionnaires, ce qui représente environ 1 Français sur 6. De plus, deux millions de Français ont souscrit un PERP et un foyer sur 3, soit 12 millions de Français, possède une assurance vie.

Une taxe injuste ?

Le PS a estimé par la voix de François Hollande que le choix de taxer le capital est « légitime », mais Jean-Louis Tourenne, le président socialiste du Conseil Général d'Ille et Vilaine, qui teste le RSA depuis le 1er janvier dernier, estime qu'il y a là une injustice puisque les plus riches ne paieront pas : « Ils sont protégés par le bouclier fiscal qui fixe à 50% le montant maximum d'imposition sur leurs revenus. Par conséquent, vous pouvez toujours ajouter des taxes et des taxes, on leur rembourse déjà de l'argent donc ils ne vont pas participer à cette grande cause nationale que constitue la lutte contre la pauvreté. C'est simplement les classes moyennes, tous ceux qui sont en dessous du bouclier fiscal qui ont quelque épargne ou quelques revenus liés à l'épargne ou la possession d'un patrimoine, qui vont avoir à payer. C'est cela qui m'inquiète. C'est ceux qui se trouvent dans le bas de l'échelle, qui ont des petits revenus et qui ont réussi à épargner un peu ».

La rédaction et Annabel Roger