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Quand Schröder fait la leçon à Hollande

Gerhard Schröder a été le chancelier de l'Allemagne de 1998 à 2005

Gerhard Schröder a été le chancelier de l'Allemagne de 1998 à 2005 - Larsen, Hakon Mosvold - Scanpix Norway - AFP

L'ex-chancelier allemand affirme, dans un entretien accordé au journal Le Temps, que la France "a absolument besoin de réforme". Il suggère à son camarade social-démocrate de suivre l'exemple allemand.

Gerhard Schröder vient se rajouter à la longue liste de personnes qui appelle Paris à retrousser ses manches en matière de réformes. Dans un entretien accordé au journal suisse Le Temps publié ce mercredi 27 mai, l'ancien chancelier allemand revient sur "l'agenda 2010", un plan de réformes qu'il avait mené lorsqu'il était au pouvoir, entre 2003 et 2005.

Elles contenaient notamment les fameuses mesures pour assouplir le marché du Travail dénommées Hartz IV. L'ancien chef du gouvernement allemand profite de l'occasion pour exhorter la France à suivre l'exemple allemand. "La France a absolument besoin de réformes plus profondes. Si elle ne se réforme pas, elle ne retrouvera pas, en Europe, un leadership économique", affirme-t-il.

"En 2003, la situation que nous avons trouvé en Allemagne était assez comparable. C’est pour y remédier que nous avons mis en place l’agenda 2010, qui a été un grand succès", poursuit-il, ajoutant qu'évidemment "le gouvernement n'a pas fait cela tout seul". "Le dialogue social entre patronat et syndicats a permis d’y arriver. Les uns et les autres ont su dépasser leurs intérêts propres pour trouver des solutions adéquates pour le pays", indique-t-il.

Interrogé sur la prétendue mauvaise santé de l'économie allemande, il riposte avec virulence: "Cela voudrait donc dire que la France, elle, est en bonne santé, que l’Europe l’ignore et qu’elle n’a pas besoin de réformes? Allons, soyons sérieux. L’Allemagne est en bonne santé économique".

"Le chancelier de la précarité"

"Nous avons des problèmes bien sûr. Il faut absolument accroître la demande intérieure et les investissements dans les infrastructures", reconnaît-il toutefois. Avant de revenir à la charge: "les défis sont nombreux. D’où la nécessité de poursuivre les réformes. C’est ce que les Français doivent comprendre: il faut réformer, s’adapter. C’est indispensable".

Et à ceux qui, notamment en France, pointent du doigt les effets des réformes engagées par le "chancelier de la précarité", il répond sans ciller: "Cette image est absolument fausse. Elle ne correspond pas à la réalité. Le nombre d’emplois crées avec de bons salaires a toujours été supérieur à celui des boulots moins qualifiés et moins payés".

Gerhard Schröder formule également des conseils à François Hollande pour inverser la courbe du chômage. "La force de l’Allemagne est son système dual, qui fait reposer une partie de la formation sur les entreprises et permet ainsi de coller à leurs besoins. La France doit s’inspirer de ce modèle. Il marche", assène-t-il. Avant d'enfoncer le clou "le taux de chômage des jeunes, en Allemagne, est l’un des plus bas de l’UE avec l’Autriche".

J.M.