BFM Business

Quand l’Etat joue au Monopoly… et perd

-

- - -

Les parlementaires pointent la dilapidation de l’argent public par les ministères dans l’acquisition et la cession de leurs locaux.

L'heure est aux plans d'économies drastiques engagés par l'Etat et pourtant il existe un domaine où l'on est moins regardant. Il s'agit de la gestion du patrimoine immobilier de l'Etat qui illustre d'importants dysfonctionnements. Les parlementaires tirent la sonnette d'alarme et s'inquiètent de cette mauvaise gestion.

Exemple: le site de l'ancienne imprimerie nationale dans le 15ème à Paris, cédé par l'Etat en 2003 pour 85 millions d'euros, et racheté en 2006 pour 325 millions d'euros pour y loger une partie des agents du Quai d'Orsay...soit une perte de 130 millions d'euros. Et les exemples sont nombreux : le pôle financier du Tribunal de Paris a ainsi renouvelé le bail de son immeuble rue des italiens dans le 13ème alors que son loyer a augmenté de 32%.Les parlementaires s'inquiètent aussi du bail signé par la Culture pour installer dans le marais la direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles : 413 euros le mètre carré par an.

Georges Tron, président UMP de la mission d'évaluation et de contrôle de la commission des finances, la gestion du patrimoine immobilier de l'Etat, c'est surtout un manque d'économies « flagrant ». Selon lui, « on a évalué qu'en matière d'entretien du patrimoine, on avait des économies à effectuer qui pouvaient aller jusqu'à 1 milliard d'euros. Le problème est très simple : les ministères se considèrent encore comme propriétaires des locaux qui leur sont affectés par l'Etat et donc ils continuent à vouloir effectuer les opérations de cession ou d'acquisition de nouveaux bâtiments tout seuls. Les ministères ne veulent pas voir la centralisation de ces décisions dans les mains du ministre compétent pour cela, qui est celui de la Réforme et du Budget ».

La rédaction et Aurélia Manoli