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Primaire à gauche: la Loi Travail divise les candidats

Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon s'opposent au sujet de la loi Travail.

Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon s'opposent au sujet de la loi Travail. - Gerard Julien - AFP

Parmi les quatre favoris du scrutin, deux candidats à la primaire à gauche souhaitent abroger cette loi controversée, tandis qu’un autre veut la modifier en profondeur.

A l’origine de longues semaines de contestations diverses, la loi Travail survivra-t-elle à l’élection présidentielle? Rien n’est moins sûr, au regard des programmes des candidats de la primaire à gauche. Et en particulier ceux des quatre favoris - tous des anciens ministres de François Hollande: Manuel Valls, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon.

De fait, mieux vaudrait, pour les défenseurs du texte, que Manuel Valls remporte l’élection. Car l’on voit mal l’ex-Premier ministre, qui n’avait pas hésité à utiliser l’article 49.3 pour parvenir à ses fins, revenir sur sa décision. Il l’a d’ailleurs confirmé, ce jeudi soir, lors du premier débat télévisé: "On pourrait refaire le débat sur la loi Travail, sur les explications ratées - je les ai assumées - mais cette loi (…) est une avancée". "Ce sont des droits nouveaux pour les salariés", a-t-il martelé.

Hamon souhaite "l'abrogation immédiate" de la loi Travail

Mais ses principaux concurrents, au premier rang desquels Benoît Hamon, ne l’entendent pas vraiment de cette oreille. L’ancien ministre de l’Éducation, qui souhaite "l’abrogation immédiate" du texte, a ainsi évoqué le plan social à venir à La Voix du Nord pour appuyer ses propos.

"Le plan social proposé par leur entreprise avait été refusé avant l’application de la loi El Khomri. Il a été autorisé car, désormais, la loi El Khomri le permet", a-t-il ainsi affirmé sur le plateau de TF1, ce jeudi. "Il y a des dispositions de la loi El Khomri qui facilitent le licenciement et qui vont fragiliser les salariés", a-t-il poursuivi. "On facilite le recours à des heures supplémentaires moins bien payées par simple accord d’entreprise". En outre, Benoît Hamon a assuré vouloir "rétablir la hiérarchie des normes".

Montebourg dénonce le "coup de force" de Valls

Une position que l’ex-ministre partage avec son prédécesseur à l’Éducation Vincent Peillon, tout comme sur le sujet des heures supplémentaires. Néanmoins, ce dernier ne souhaite pas abroger la loi, préférant opérer des modifications en profondeur. Et veut notamment conserver et approfondir le compte personnel d'activité, l'extension de la garantie jeunes et le droit à la déconnexion.

Un droit que souhaite également conserver Arnaud Montebourg... tout en éliminant les autres dispositions. "J’abrogerai la loi El Khomri", a-t-il répété ce jeudi lors du débat. En n’oubliant pas de tacler Manuel Valls: "Elle (la loi) pose d’énormes problèmes, d’abord dans sa naissance, sa genèse. Elle n’a pas été discutée avec les organisations syndicales, et elle n’a pas été discutée par le Parlement, puisqu’il y a eu une sorte de coup de force à travers l’usage du 49.3".

"Il faut des branches pour protéger les salariés"

"Elle organise la concurrence à la baisse entre les entreprises d’une même branche, d’un même secteur, sur le niveau de rémunération des salariés", a poursuivi l’ancien ministre de l’Économie. Or "il faut des branches pour les protéger. Et la hiérarchie des normes, dans le droit du travail, n’empêche pas que les branches puissent déléguer à des accords d’entreprise" certains sujets.

Particulièrement contestée, la loi Travail pourrait donc faire long feu, si la victoire d’un candidat de la gauche du PS l’emportait à la primaire. Mais également si ledit candidat accédait ensuite à l’Élysée, ce qui, pour l’heure, est loin d’être évident.