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Présidentielle: que va devenir le "trésor de guerre" de Fillon?

François Fillon gardera les rênes de Force Républicaine jusqu'à l'automne.

François Fillon gardera les rênes de Force Républicaine jusqu'à l'automne. - Alain Jocard - AFP

Le microparti du candidat malheureux à l’élection présidentielle possède plus de 3 millions d’euros dans ses caisses, vestiges de la campagne. LR aimerait les récupérer, mais les choses ne semblent pas être aussi simples.

François Fillon n’aura pas tout perdu. Car le candidat défait dès le premier tour de l’élection présidentielle possède toujours, via son microparti Force Républicaine, un magot de plus de 3 millions d’euros.

Fondée en 2012, cette structure devait servir à collecter les dons pour la primaire de la droite et du centre, remportée par l’ancien Premier ministre. Puis, à partir de ce moment, passer le relais à l’association de financement électorale du candidat, A3F.

Sauf que dans les faits, les dons ont continué à affluer vers le microparti, et non vers l’association de financement. Résultat: une fois les frais de campagne remboursés à A3F, cette dernière devra rembourser l’équivalent des dépenses de Force Républicaine, à savoir 3,3 millions.

François Fillon, de son côté, a annoncé son retrait imminent de la présidence de Force Républicaine, faisant planer du même coup l’incertitude sur l’avenir de ce "trésor de guerre".

Au sein de LR, l’affaire commence à faire quelques vagues, car le parti aimerait récupérer au moins une partie de la somme. Et des négociations en interne ne devraient pas manquer d’avoir lieu. "Ce n’est pas le souci actuellement, on discutera avec les nouveaux dirigeants. On parle de Bruno Retailleau, c’est quelqu’un de très sérieux", évacue toutefois Daniel Fasquelle, le trésorier du parti.

"Exercer une influence idéologique sur le parti"

Selon nos informations, c’est effectivement le sénateur de la Vendée qui devrait reprendre les rênes du microparti. Reste à savoir ce qu’il compte en faire.

"A priori, ce ne sera pas un "think thank", car il faut garder des adhérents. Ce ne sera pas non plus un mouvement au sein de LR comme Sens Commun", indique un bon connaisseur du dossier. "L’objectif est d’exercer une influence sur le parti en termes idéologiques". En d’autres termes, installer un pôle diffusant les idées du duo Fillon-Retailleau.

Avec "10.000 adhérents à jour", selon cette même source, Force Républicaine pourrait donc servir d’écurie pour un futur candidat "filloniste" car "avec le système des primaires, tout le monde a intérêt à faire son programme dans son coin, plutôt que d’en faire profiter l’ensemble du parti". Et pourquoi pas François Fillon lui-même ? "S’il obtient un non-lieu et qu’il a une fenêtre de tir, on verra. Mais ce n’est pas une piste que nous envisageons actuellement", confie un membre de Force Républicaine.

En attendant, l’ancien Premier ministre a décidé de garder la tête de son microparti jusqu’à l’automne. Et d’ainsi prendre le temps de décider à quoi seront dédiés les quelques millions restants.

Yann Duvert