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Présidence de l'UMP: les solutions pour désendetter le parti

La dette de l'UMP atteignait 74,5 millions d'euros en juillet dernier.

La dette de l'UMP atteignait 74,5 millions d'euros en juillet dernier. - Kenzo Tribouillard - AFP

Alors que le dépôt des candidatures à la présidence du parti s'est achevé ce mardi, la priorité pour le gagnant sera de redresser des finances exsangues. Et certains prétendants ont déjà leur petite idée sur la question.

Le dépôt des candidatures pour la présidence de l’UMP a donc atteint sa date limite ce mardi. Mais le cadeau pourrait bien être empoisonné pour le vainqueur, tant les finances du parti se sont dégradées ces dernières années. L’audit des comptes publié en juillet dernier a fait état d’une dette de 74,5 millions d’euros, et a ainsi pointé de nombreux dysfonctionnements au sein de la principale force d’opposition. Trois mois et quelques règlements de compte plus tard, l’UMP s’apprête à élire un nouveau chef, qui devra se consacrer à redresser la barre.

Opération transparence

Si Nicolas Sarkozy, le grandissime favori de cette élection, devrait annoncer dans les prochaines semaines sa stratégie pour assainir les comptes, ses deux concurrents ont déjà leur petite idée. Avec, en commun, la volonté d’ériger la transparence en principe de base, notamment après les révélations de l’affaire Bygmalion. "Premièrement, on ne devra rémunérer que les gens qui travaillent réellement pour l’UMP", estime ainsi Hervé Mariton. "Il faudra aussi publier la liste des collaborateurs du parti", indique-t-il.

Il souhaite également qu’une "totale transparence soit faite sur les comptes de campagne, et que les responsabilités de chacun soient explicitées". Même son de cloche du côté de Bruno Le Maire, où l’on affirme que "les comptes étaient tellement peu transparents qu’il est difficile d’évaluer les économies réalisables".

La parité pour dépenser moins?

Les deux adversaires de l’ex-président se rejoignent également sur un point : la fin des grands shows pour lesquels des sommes astronomiques étaient dépensées. Pour Bruno Le Maire, "plus besoin de faire de grand barnum", quand Hervé Mariton veut des meetings "moins spectaculaires".

L’organisation du parti devra également subir quelques modifications. Hervé Mariton souhaite ainsi que la gestion financière du parti soit "assurée de manière collective, avec deux trésoriers élus par le conseil national, et deux autres tirés au sort parmi les militants". Bruno Le Maire fait savoir de son côté que "des économies devront être faites sur le siège" rue de Vaugirard, même si un plan social n’est pas évoqué clairement ("il faudra voir s’il y a éventuellement des départs volontaires").

Autre poste de dépense jugé inutile par le député de l’Eure, les amendes à répétition dont s’acquitte le parti pour ne pas avoir respecté la parité lors des différentes élections car "entre 2007 et 2014, l’UMP a déboursé 4 millions d’euros par an". Mais le but recherché sera évidemment de reconquérir le cœur des sympathisants, et ainsi "faire rentrer les adhésions".

Yann Duvert