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Pourquoi les patrons aiment Macron

Lors de son passage à Bercy, l'ex-ministre de l'Économie qui va annoncer sa candidature à la présidentielle ce mercredi 16 novembre, a su être un interlocuteur de choix pour les chefs d'entreprise qui louent sa connaissance du monde de l'entreprise.

C'est une des nombreuses sorties d'Emmanuel Macron qui avait fait couler beaucoup d'encre. "La vie d'un entrepreneur est plus dure que celle d'un salarié", affirmait-il en janvier sur BFMTV-RMC.

Si celui qui va annoncer sa candidature à l'élection présidentielle ce mercredi 16 novembre a par la suite regretté "la formulation" qu'il a employée, la déclaration avait de quoi séduire le monde de l'entreprise.

C'est le cas puisque l'ensemble du patronat salue le travail réalisé par l'ancien ministre de l'Économie. "Emmanuel Macron était un bon ministre de l'Économie malgré tout", réagissait fin août Pierre Gattaz, le président du Medef, sur BFM Business.

"L'homme politique qui comprend le mieux l'économie"

Un des atouts de l'ex-locataire de Bercy est qu'il est l'un des rares ministres à avoir fait un crochet dans le privé, au sein de la banque Edmond de Rothschild où, raconte Rue 89, il a acquis les connaissances nécessaires à son poste de banquier d'affaires en finance, fiscalité et droit. Au final "il est probablement le ministre et l'homme politique qui comprend le mieux les mouvements de l'économie aujourd'hui", estimait Geoffroy Roux de Bézieux, en août sur BFMTV.

Il faut aussi dire qu'Emmanuel Macron est à l'écoute des craintes des chefs d'entreprise. "Un entrepreneur ne demande rien à l'État. C'est une plante qui pousse dans tous les milieux et ce qu'elle déteste le plus c'est le changement" déclarait-il à 01net en avril dernier. Cet intérêt pour les soucis des petits patrons est d'ailleurs salué par la Confédération générale des petites et moyennes entreprises. "Emmanuel Macron était un interlocuteur à l'écoute des préoccupations des PME, pragmatique sur les questions économiques et sociales", écrit-elle dans un communiqué. Avec toutefois une mise en garde: la CGPME "espère que ces petites entreprises, qu'il n'hésitait pas à mettre en avant, ne servent pas uniquement et opportunément de faire-valoir aux candidats à la présidentielle".

Le chantre de la French Tech

Emmanuel Macron est aussi loué pour sa capacité à comprendre les bouleversements provoqués par le numérique. Son projet de loi avorté Noé ("nouvelles opportunités économiques") devait d'ailleurs permettre de prendre à bras le corps les possibilités offertes par la digitalisation de l'économie. "Ne pas anticiper ces mutations, c’est se condamner à les subir. Les préparer, c’est au contraire en faire une opportunité", affirmait-il.

De quoi séduire le monde de l'économie numérique. "On aimerait qu'il y ait plus d'Emmanuel Macron de gauche et de droite qui comprennent que le monde du travail est en train de transformer complètement notre relation à l'économie. En France on est plutôt en retard et Emmanuel est plutôt en avance sur la pensée française commune qui est de considérer qu'on est encore craintif, que l'on ne prend pas beaucoup de risques", estimait en août sur BFM Business Olivier Mathiot, co-fondateur de PriceMinister et co-président de France Digitale.

Emmanuel Macron a ainsi su s'attirer les faveurs de la French Tech, bénéficiant, il est vrai, du travail déjà effectué par l'ancienne ministre déléguée au Numérique Fleur Pellerin. "Emmanuel Macron a poursuivi ce qu'a fait Fleur Pellerin, ce qu'elle avait fait à merveille", a d'ailleurs reconnu en août sur BFM Business, Benjamin Griveaux, porte-parole du mouvement En Marche!, créé en avril par Emmanuel Macron.

L'espoir de Marc Simoncini

On ne s'étonnera donc pas de voir dans les rangs du mouvement un représentant de la FrenchTech en la personne de Gaël Duval, PDG de Jechange.fr. "Emmanuel Macron essaie de faire en sorte que les choses soient faites. Je l'ai vu et c'est pour cela que j'ai envie de le soutenir", a-t-il confié sur BFM Business.

La popularité d'Emmanuel Macron auprès des patrons l'amène ainsi à enregistrer de nombreux soutiens dans le monde de l'entreprise. C'est le cas de l'ancien patron du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade, réputé proche de l'ancien ministre. On ne peut évidemment pas passer à côté, aussi, de Henry Hermand, déjà soutien de Pierre Mendès-France et de Michel Rocard. Le "parrain" de l'ex-locataire de Bercy, décédé le 7 novembre, qui avait fait fortune dans les supermarchés et les galeries marchandes et possédait un patrimoine de 220 millions d'euros, selon Challenges. L'homme de 94 ans confiait au Monde, en novembre dernier: "Il n'a jamais pris une décision importante sans m'en parler".

Mais le ralliement le plus populaire est probablement celui du serial entrepreneur Marc Simoncini.

"On voit bien que ce pays ne fonctionne plus de la manière dont il est géré jusqu'à présent. Il faut trouver d'autres méthodes, d'autres manières. Il faut fédérer plus large, être libre. C'est ce que Emmanuel Macron incarne", affirmait-t-il en août à RTL.