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Pourquoi les déficits publics européens ne doivent pas dépasser 3% du PIB ?

La formule

La formule - -

L’objectif de réduction de déficit à 3% du PIB, c’est l’obsession de Bruxelles. Les membres de la zone euro sont tenus de s’engager à y parvenir. Mais pourquoi ce taux de 3%, et pas 2 ou 4% ?

Tout le monde connaît les fameux critères de convergence de Maastricht : notamment le sacro-saint déficit public qui ne doit pas dépasser 3% du PIB. La France s'est engagée à respecter ce critère fin 2013. Mais d'où vient cet objectif ? Pourquoi avoir choisi 3% ? L'explication est 100% française.

L'histoire commence un soir de juin 1981 dans un bureau du ministère du budget. Pour la première fois le déficit public pour 1982 va dépasser 100 milliards de francs. Un mauvais départ pour François Mitterrand : le président fraichement élu veut donc marquer le coup avec une règle simple comme symbole de gestion maîtrisée.

Bruxelles adopte la formule magique de la France

Il faut donc trouver dans l'urgence une formule magique : ce sera "déficit sur PIB". "Le déficit, ça parle à tout le monde, et le PIB, c'est une bouée de sauvetage commode pour tout économiste pressé en mal de référence", raconte un conseiller. Les équipes du ministère du Budget sortent alors leur calculette. Le chiffre magique, ce sera 3%. Un petit calcul discutable mais malin, raconte ce conseiller.

Depuis trente ans, c'est la référence cardinale. D'abord en France, puis en Europe. Car en 1992, les experts de Maastricht le reprennent. Le niveau de déficit maximum pour que la dette reste inférieure à 60% du PIB, ce sera 3% du PIB, décrète-t-on. Vingt ans plus tard, ce chiffre magique tombe toujours sous le sens!

Alexis Pluyette