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Pour le METI, "on a créé un monstre fiscal" avec les impôts de production

Sur BFM Business, Philippe d'Ornano, co-président du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire, exige une baisse de 30 milliards d'euros de ces fameux impôts qui frappent des entreprises déjà en difficulté.

Avant la crise du coronavirus, les impôts de production étaient déjà massivement dénoncés par les chefs d'entreprise. Aujourd'hui, ils pourraient même mettre à terre des entreprises fragilisées par les conséquences économiques de la crise sanitaire.

Philippe d'Ornano, co-président du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (5400 entreprises en France, 25% de l'emploi) rappelle sur BFM Business: qu'"on a créé des droits de douane à l'envers (...) en fait on taxe le travail et la production en France donc on donne un avantage aux produits qui sont fabriqués à l'étranger".

La question n'est pas nouvelle mais les conséquences de ces impôts sont bien plus lourds en période de crise, souligne celui qui est aussi le patron de Sisley. 

"C'est pas nouveau mais ça a pris une dimension qui est de plus en plus importante. C'est 72 milliards d'euros en 2018, je vous rappelle que l'impôt sur les sociétés c'est 30 milliards. Et ça augmenté de 15 milliards dans les 8 dernières années. C'est un impôt qui non seulement est massif mais en plus très rapidement évolutif.", poursuit Philippe d'Ornano.

"Dramatiques en période de crise"

Surtout, contrairement à l'Allemagne où les impôts de production sont payés sur les bénéfices, en France "ils sont payés sur le travail, sur l'investissement et sur le chiffre d'affaires". C'est donc la double peine pour des entreprises dont l'activité a ralenti pendant la crise. "Ces impôts de production sont dramatiques en période de crise", martèle le responsable.

"Aujourd'hui, les entreprises françaises vont continuer à payer des impôts de production massifs alors qu'elles sont en difficulté, la crise va accentuer l'impact négatif de ces impôts de production".

Il y a donc urgence à modérer "ce monstre fiscal" et le gouvernement planche d'ailleurs sur des trajectoires de baisses. "Vous avez effectivement une trajectoire qui est en train d'être discutée, qui doit être valorisée. Mais là aussi c'est du donnant-donnant. On va pas baisser les impôts de production sans contreparties. (...) Solidarité, ça veut dire que les entreprises, l'Etat et les collectivités locales doivent être capables de travailler main dans la main. Baisser les impôts pour baisser les impôts, ça n'a pas de sens. Baisser les impôts pour dire: 'je suis capable de relocaliser des productions et donc ça va donner de l'argent supplémentaire aux collectivités locales sous d'autres formes', alors ça commence à se regarder", déclarait en mai dernier la secrétaire d'État à l'Économie Agnès Pannier-Runacher sur BFM Business.

Les impôts de production pesaient 72 milliards d'euros en France en 2016, selon une étude publiée en juin 2019 par le Conseil d'analyse économique. Soit deux fois plus que la moyenne de la zone euro.

Le METI réclame donc une baisse de 30 milliards d'euros immédiatement afin de s'approcher de la moyenne européenne.

Olivier Chicheportiche