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Pour Jean-Claude Trichet, le blocage sur la loi El Khomri est "désolant"

Jean-Claude Trichet prône un marché du travail beaucoup plus flexible.

Jean-Claude Trichet prône un marché du travail beaucoup plus flexible. - AFP- Eric Piermont

"L'ancien président de la Banque centrale européenne regrette l'incapacité de l'exécutif à flexibiliser le marché du travail."

Le détricotage progressif du projet de loi El Khomri met Jean-Claude Trichet en rogne. Ce fervent défenseur des réformes structurelles était l’invité d’Europe 1 ce jeudi matin. Interpellé sur les difficultés qu’ont connu les gouvernements successifs à faire évoluer le Code du travail, l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) s’est écrié: "Ce n’est pas un problème de droite ou de gauche. C’est un problème de réforme dans le pays. Il est désolant, sur une réforme dont tout le monde s’accorde (de la nécessité, ndlr) (…), que l’on soit bloqués". Avant d’insister: "Ce n’est pas possible! Nous avons un chômage de masse inadmissible".

Comme de nombreux économistes français, Jean-Claude Trichet encourage sans cesse l’exécutif à poursuivre les réformes. "Il nous faut rendre la plupart de nos marchés de biens et de services - et tout le domaine de l’emploi - beaucoup plus flexibles", insiste-t-il. Les coûts de production sont selon lui trop élevés en France. Pour lui, "la France a un potentiel important mais ne l’exploite pas comme elle le devrait".

Outre ce sujet, Jean-Claude Trichet encourage à un abaissement des dépenses publiques, d’environ dix points de PIB. Concernant les fraudes révélées dans le cadre des Panama papers, l’ancien président de la BCE estime qu’"il faut obliger tous les pays à être transparents" Cela "pour lutter non seulement contre la fraude fiscale, mais aussi contre le crime organisé, contre l’argent du financement du terrorisme", a-t-il souligné.

Adeline Raynal