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Pour Barroso, le conflit avec la France "est complètement artificiel"

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Le président de la Commission européenne estime, dans un entretien aux Echos ce mercredi 26 juin, que sa récente passe d'armes avec Arnaud Montebourg relève du malentendu. Selon lui, ses propos ont "été délibérément déformés".

Est-ce un rétropédalage? Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a récemment été la source de nombreuses critiques. D'abord en raison de ses propos sur l'exception culturelle, dont il qualifiait les défenseurs de "réactionnaires". Ensuite, une guerre des mots a eu lieu entre Arnaud Montebourg et lui, le ministre ayant déclaré que José Manuel Barroso était "le carburant du Front national".

Mais, dans une interview donnée aux Echos et publiée ce mercredi 26 juin, le président de la Commission européenne adoucit nettement le ton. "Ce conflit avec la France est artificiel, mes déclarations ont été délibérément déformées", assure-t-il.

"Tous ceux qui me connaissent savent que je suis un ami sincère de la France et que j’ai une grande admiration pour le rayonnement de sa culture. Ma deuxième culture, après le Portugal, c’est la France !", déclare-t-il.

"une différence de stratégie avec la France" sur l'exception culturelle

Revenant sur les points de désaccord entre la France et la Commission au sujet de l'exception culturelle et de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, il explique que "nous avions une différence de stratégie avec la France. Nous proposions de fixer des lignes rouges, clairement définies, garantissant le maintien de subventions et des quotas pour les biens culturels et d’ouvrir parallèlement une négociation plus large sur les services audiovisuels".

Il confirme toutefois que la commission respectera le mandat auquel ont abouti les 27 qui garantit le principe de l'exception culturelle.

"Une erreur complète d'analyse"

S'expliquant sur le terme "réactionnaire" qu'il a employé, il a précisé que "[Sa] remarque portait sur la mondialisation, pas sur l'exception culturelle. J’ai dénoncé ceux qui pour des raisons idéologiques sont le camp des nationalistes et du protectionnisme."

Il a également rejeté la responsabilité de la Commission européenne dans la montée des populismes en Europe, ce dont l'accuse Arnaud Montebourg. Il évoque "une erreur complète d'analyse". Il a enfin estimé que les recommandations de Bruxelles concernant les finances publiques françaises ne "représentent en rien une ingérence".

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J.M.