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Politique monétaire: Mario Draghi lance un appel à la patience

Mario Draghi a fait savoir que les conditions n’étaient pas encore réunies pour abandonner sa politique monétaire non conventionnelle

Mario Draghi a fait savoir que les conditions n’étaient pas encore réunies pour abandonner sa politique monétaire non conventionnelle - Daniel Roland - AFP

Pour sa première conférence de l’année, le président de la Banque centrale européenne a lancé un appel à la patience en affirmant que la politique monétaire non conventionnelle finirait par être abandonnée quand les conditions seront réunies.

“Nous n’en sommes encore pas là”. En conférence de presse, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a fait savoir que les conditions n’étaient pas encore réunies pour abandonner sa politique monétaire non conventionnelle, mais que celle-ci finirait par l’être. Alors que la BCE a une nouvelle fois choisi de maintenir ses taux d'intérêt à leur plus bas niveau historique, le responsable de la BCE a assuré que le conseil des gouverneurs n'avait jeudi pas discuté "cette fois" d'un ralentissement de son vaste programme de rachats d'actifs, prolongé en décembre jusqu'à fin 2017.

"Quand et si - en fait, je suis quasiment sûr que ce moment viendra -, nous devrons avoir une discussion et une analyse très prudente de la situation mais nous n'en sommes pas là", a déclaré Mario Draghi, lors de sa première conférence de presse de l'année. Le président de la BCE a été interrogé à plusieurs reprises sur le moment où la BCE pourrait commencer à réduire ses mesures non conventionnelles de soutien aux prix et à l'économie en zone euro, étant donné que le taux d'inflation a montré des signes de raffermissement. "Soyez juste patients", a insisté Mario Draghi. "Des taux bas sont nécessaires maintenant pour avoir des taux plus élevés plus tard", a-t-il redit.

Des taux toujours très bas

L'Allemagne particulièrement se montre critique de la politique de taux bas de la BCE, qui rend l'épargne improductive, d'autant plus que l'inflation dans le pays a accéléré fortement en décembre, à 1,7% sur un an. Au niveau de la zone, elle a aussi fait preuve d'un regain de dynamisme, à 1,1% sur un an. Mais "cela reflète principalement une forte augmentation des prix de l'énergie, alors qu'il n'y a pas encore de véritable signe d'une tendance à la hausse de l'inflation sous-jacente" (hors énergie), a expliqué Mario Draghi.

Sans intégrer le renchérissement de l'énergie, sur fond de remontée des cours du pétrole, l'inflation "devrait augmenter plus progressivement à moyen terme", soutenue entre autres par l'action de la BCE et la reprise économique de la zone, a poursuivi le président de la BCE. Le gardien de l'euro oriente sa politique dans l'objectif d'aboutir à un niveau d'inflation global de la zone euro de presque 2% à moyen terme.

P.L avec AFP