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Plan d'aide: devrait-on lâcher la Grèce ?

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Les députés doivent voter ce mercredi le plan d'aide à la Grèce. Il coûterait à la France 15 milliards d'euros sur 3 ans. Mais le gouvernement grec vient de reconnaitre un nouveau dérapage budgétaire. Doit-on continuer à l'aider ?

La Grèce, qui affirme avoir accéléré son plan de rigueur et de privatisations, a reconnu vendredi qu'elle était en proie à un nouveau dérapage budgétaire. Son déficit pour 2011 devrait ainsi passer de 7.4% à 8.8%. Chez certains Etats européens, qui avaient décidé de contribuer au plan de sauvetage de 159 milliards d'euros, on doute ainsi de l'utilité de poursuivre l'aide financière. Notamment en France, où la participation s'établirait selon François Fillon à 15 milliards d'euros.

« La Grèce s'est trop endettée, elle doit sortir de l'euro »

Pour l'économiste Marc de Sctivivaux, « il n'y a aucune espèce de chance qu'un plan quelconque sauve la Grèce qui s'est trop endettée et a trop dépensé. On demande à la Grèce de réduire ses dépenses, donc on va écraser la consommation et fabriquer de la récession. Il faut être clair, les Grecs n'ont aucun avenir, il faut tout simplement qu'ils sortent de l'euro ».

« Si on laisse tomber la Grèce, on se tire une balle dans le pied »

Anne-Laure Delatte, professeur d'économie, n'est pourtant pas d'accord : « Nous sommes les plus gros détenteurs de la dette grecque. Si nous les laissons tomber, ce sont les banques françaises qui vont en pâtir, comme la BNP et la Société Générale. Donc en fait on se tirerait une balle dans le pied. Le pays qui aurait le plus à perdre dans la chute de l'économie grecque c'est la France, devant l'Allemagne ».

La Rédaction et A. Manoli