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Pas d'effet du paquet neutre en janvier

Le paquet neutre est en vente obligatoire depuis le 1er janvier 2017

Le paquet neutre est en vente obligatoire depuis le 1er janvier 2017 - ERIC FEFERBERG / AFP

Les ventes de cigarettes ont baissé de 7,4% sur le premier mois de l’année. Mais les buralistes n’ont pas encore ressenti de changement dans le comportement des fumeurs à cause du paquet neutre.

Le paquet neutre n’a pas encore produit ses effets. Selon les chiffres de livraisons de cigarettes, le marché a reculé de 7,4% au mois de janvier. Les buralistes ayant peu de stocks, les livraisons sont assimilables à leurs ventes. Ce recul assez net ne traduit pourtant pas de baisse de la consommation. "La grande majorité des buralistes disent que le paquet neutre n’a rien changé dans le comportement des fumeurs" explique un membre de la Confédération des buralistes.

Deux autres facteurs expliquent ce recul. D’abord, le climat très froid en janvier qui a contraint les fumeurs à moins sortir et à acheter moins de paquets. Et surtout, à moins fumer dehors. "Un consommateur moyen fume 12 cigarettes par jour, explique un fabricant. En en fumant une de moins, on arrive à cette baisse de 7%".

Ensuite, les quatre grands fabricants de tabac ont profité du paquet neutre pour supprimer de nombreuses déclinaisons de marques (light, super light, rouge, bleu…) qui se vendaient peu. "Nous avons retiré des linéaires 25% de ces petites références, explique un fabricant, ce qui a pesé sur la baisse des livraisons".

Encore moins d'impact sur le tabac à rouler

Enfin, la chute des livraisons s’explique aussi par la reconstitution prudente des stocks. Les buralistes ont peu de trésorerie en ce moment, alors qu’ils attendent que les industriels leur remboursent les anciens paquets invendus.

Preuve que le paquet neutre n’a pas d’impact sur la consommation, le tabac à rouler a échappé à la baisse. Les boîtes de "roulées", elles aussi devenues sans marque, n’ont vu leurs livraisons que faiblement reculer, à -1,7% en janvier. Les buralistes ont anticipé la hausse de prix d’environ 1,5 euro qui a été décidée la semaine dernière et ils ont augmenté leurs stocks avant qu’elle n’entre en vigueur le 20 février. Preuve que seul le prix impacte réellement la consommation.

Matthieu Pechberty