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Participation : le timide compromis entre Bercy et les députés LREM

La loi Pacte discutée en ce moment à l'Assemblée

La loi Pacte discutée en ce moment à l'Assemblée - LUDOVIC MARIN / AFP

Un nouvel amendement à la loi Pacte prévoit une augmentation de quelques euros par mois de la participation pour une majorité de salariés.

Peut-on mécontenter certains salariés, les plus aisés, pour satisfaire le plus grand nombre ? Oui, mais pas trop… C’est en substance ce qui ressort d’un compromis trouvé entre Bruno Le Maire et la majorité à l’Assemblée. Le ministre de l'Economie et des Finances et le groupe LREM se sont mis d’accord sur de nouvelles règles de distribution de la participation. L’amendement en question, qui sera débattu la semaine prochaine dans le cadre de la loi Pacte, propose d’abaisser de 160 000 à 120 000 euros par an le niveau de salaire maximum qui sera désormais pris en compte dans le calcul de la participation. En clair : à partir de 160 000 euros de salaire, la participation reçue par le collaborateur n'augmentera plus en fonction de son salaire. L'objectif étant de dégager des marges de manoeuvre pour que les entreprises puissent, à l'inverse, augmenter la participation d'une majorité de salariés.

Une nouvelle répartition de la participation

A l’arrivée 70 000 salariés verront leur participation annuelle baisser d’environ 500 euros, ce qui permettra à 4 millions de salariés de voir le montant de la leur augmenter d’une dizaine d’euros par an…1 à 2 euros par mois… Avec des montants qui peuvent certes paraître symboliques, c’est tout de même « une mesure de justice sociale qui ne coûtera rien à l’Etat », se félicite le député Stanislas Guerini, qui défend l’amendement.

A l’origine, un autre amendement - qui a été retiré depuis - soutenu par la député LREM Coralie Dubost, proposait d’aller plus loin en abaissant le plafond de 160 000 à 80 000 euros. Avec ce schéma, il y aurait eu deux fois plus de perdants, 150 000, qui auraient dû renoncer en moyenne à 900 euros. Les 4 millions de bénéficiaires, eux, auraient touché 80 euros de participation de plus par an.

Un timide compromis

Mais Bruno Le Maire s’est montré très sceptique la semaine dernière en Commission Spéciale, lâchant à l’élue : « Croyez-en mon expérience, ces 150 000 perdants, vous allez les entendre ! En revanche je doute qu’on entende beaucoup ceux qui vont gagner 7 à 8 euros de plus par mois… ». Une sortie qui avait contrarié les députés de la majorité qui militent pour un meilleur partage de la valeur. « Sur d’autres sujets, des petites sommes ont pu faire beaucoup de bruit », s’est défendue Coralie Dubost, faisant référence à la polémique sur la baisse de 5 euros par mois des APL à l’été 2017.

A Bercy, on a pris conscience de la sensibilité du sujet. Bruno Le Maire veut bien répondre à l’attente des députés de la majorité qui réclament une meilleure répartition de la richesse au sein de l’entreprise, mais il est aussi soucieux de ne pas créer trop de frustration chez les salariés qui gagnent le plus. Un timide compromis a donc été trouvé. Ce qui se profile donc, c’est un très léger rééquilibrage pour qu’un maximum de salariés touchent un tout petit peu plus de participation.

Mathieu JOLIVET