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Ondes électromagnétiques : le code du travail très précis

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Depuis 2017, six pages du code du travail sont consacrées à la gestion et la mesure des ondes. L'entreprise a désormais l'obligation de vérifier l'exposition de ses salariés.

Ce matin en arrivant dans leur entreprise, les collègues de Michel font une étrange découverte. Son bureau est recouvert d'aluminium. L'isolation est totale, un sas de sécurité a même été installé. 

"Si c'est une blague, elle est de mauvais goût, qui a transformé le bureau de Michel en cabane de l'espace ?," s'insurge Florence. 

"C'est moi", répond Michel depuis un Talkie-walkie. 

"Mais qu'est-ce que tu fabriques ? "

"Je me protège des ondes électromagnétiques !" 

C'est vrai que depuis des semaines Michel se plaint de vertiges, de fourmillements, de maux de crâne. Des symptômes qu'il dit être liés directement à sa présence dans les bureaux. 

Certains médisants lui avaient diagnostiqué une allergie du travail. Mais pas du tout, Michel serait hypersensible aux ondes : antennes-relais, wifi, téléphones portables etc.

"Je resterais sous ma cabane d'aluminium tant que l'entreprise ne prendra pas ses responsabilités".

Mais qu'est-ce que l'entreprise peut et doit faire pour Michel ? 

Alors vous ne le savez peut-être pas mais, exactement comme dans le cas de la climatisation ou du bruit, le niveau d'exposition maximum aux ondes électromagnétiques est précisément encadré par le code du travail. Y'en a même une sacrée tartine de l'article R. 4453 tiret 1 au tiret 34. Cela fait six pages complètes rien que sur les ondes ! On peut consulter plusieurs tableaux très précis, dont un qui précise le volume d'exposition maximum au niveau de la tête. Attention si la mesure est faite au niveau du corps, ce ne sont pas les mêmes règles. 

Au risque de finir devant le tribunal...

Et vous avez intérêt à avoir un DRH qui comprend la différence entre les hertz, les watts et les joules, pour ne surtout pas se tromper dans les mesures, car ces dernières ne sont pas toujours exprimées dans la même unité. 

Et il vaudrait vraiment mieux, parce que sinon Michel va vous traîner devant les tribunaux. Mais non ? Mais si ! Il y a déjà deux cas depuis la fin de l'année dernière. En janvier dernier : Le Tribunal des affaires de sécurité sociale, le TASS vient par exemple de qualifier un cas d'hypersensibilité aux ondes comme accident du travail. 

La brèche est ouverte. Préparez-vous. Après la guerre de la climatisation, la guerre des ondes ne fait que commencer dans les bureaux. Une guerre bien plus compliquée que les autres, car il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour mettre fin au problème. Bon courage avec les ondes, en attendant Michel va rester quelques temps dans sa cabane en aluminium.