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Note de la France: S & P révise la perspective à "négative"

L'agence Standard and Poor's maintient la note de la France mais révision se prévision, de "stable" à "négative".

L'agence Standard and Poor's maintient la note de la France mais révision se prévision, de "stable" à "négative". - Joël Saget - AFP

C'est un avertissement. La note - AA - de la France a été maintenue, ce vendredi, par Standard and Poor's. Cependant, l'agence de notation a révisé sa perspective, en l'abaissant de "stable" à "négative". 

Concrètement? Cela signifie que la France a au moins une chance sur trois de voir sa note, la troisième meilleure possible, baisser au cours des 24 prochains mois.

Trois raisons

Marie-France Raynaud, analyste principale de l'agence de notation pour la France, a détaillé les trois raisons ayant motivé cette décision.

Elle a jugé "le déficit budgétaire plus dégradé" que prévu et estimé qu'il pourrait "se dégrader davantage", en raison de "marges de manoeuvre réduites sur les recettes".

Un doute sur les réformes

Elle a par ailleurs souligné que l'objectif de "stabilisation de la dette était repoussé". Enfin, l'analyste a jugé qu'il y avait un "risque concernant la mise en oeuvre des réformes structurelles annoncées" par le gouvernement, censées relancer la croissance et assainir les finances publiques.

"On manque d'antécédents solides en termes de mise en place de réformes en France", a-t-elle tancé Marie-France Raynaud, évoquant aussi de possibles résistances sociales.

La faible inflation, un élément important

L'analyste a aussi souligné que la faible inflation, un phénomène d'envergure européenne, était un "élément très important" dans la décision concernant la France, en raison de son rôle nocif pour les finances publiques.

S&P estime que les déficits budgétaire moyen pour la période 2014/2017 vont atteindre 4,1% du PIB, au lieu de 3,2% selon l'estimation fournie par l'agence en avril.

Michel Sapin relativise

Le ministre des Finances Michel Sapin a relativisé l'annonce de Standard and Poor's, répétant dans un communiqué que la dette française restait "l'une des plus sûres du monde". 

Les obligations françaises se négocient à un taux très bas sur les marchés, en dépit des dégradations successives de la note.

Jé. M. avec AFP