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Nokia-Alcatel: Macron préfère le réalisme au romantisme

Emmanuel Macron défend dans une interview au Financial Times la pertinence du rachat d'Alcatel par le Finlandais Nokia.

Emmanuel Macron défend dans une interview au Financial Times la pertinence du rachat d'Alcatel par le Finlandais Nokia. - FredDufour-AFP

Dans une interview au Financial Times, le ministre français de l'Economie défend le rachat d'Alcatel par le Finlandais Nokia et écarte la "vision romantique" que peuvent avoir certains des entreprises.

Emmanuel Macron écarte toute "vision romantique" vis-à-vis des grandes entreprises françaises et défend l'achat d'Alcatel-Lucent par Nokia, dans un entretien publié mardi sur le site internet du Financial Times (article payant). Se disant "pragmatique mais lucide", le ministre français de l'Economie explique que "dans la compétition fiscale mondiale, nous ne sommes pas les mieux placés, c'est un fait, pour conserver et attirer les sièges sociaux". Il faut cependant se battre "pour que la France préserve les emplois et sa capacité à innover", dit-il.

Il prend notamment l'exemple de la fusion entre les deux géants du ciment: le Français Lafarge et le Suisse Holcim. L'opération garantit que le centre de recherche et développement de Lafarge reste en France, souligne-t-il, en ajoutant : "Je veux que la France devienne le hub européen pour la R&D."

Alcatel n'est pas une entreprise française

Emmanuel Macron explique avoir travaillé pendant des mois sur la situation d'Alcatel, objet d'une offre d'achat de Nokia. "La meilleure option était Nokia", dit-il. "Une vision romantique ou classique de l'approche française aurait été de dire 'c'est une entreprise française, ne laissons personne l'attaquer, bloquons toute fusion'". "Mais la réalité, c'est qu'Alcatel-Lucent n'est pas une entreprise française, c'est une entreprise mondiale. Ses principaux marchés sont la Chine et les Etats-Unis, ses actionnaires sont étrangers et la plupart de ses dirigeants ne sont pas français", souligne-t-il.

Autre dossier qui fait la Une de l'actualité ces derniers jours: la montée de l'Etat au capital de Renault pour y imposer les droits de vote double aux actionnaires dès lors qu'ils détiennent des titres du constructeur depuis plus de deux ans. Le ministre de l'Economie n'a pas d'état d'âme concernant cette manœuvre qui a provoqué l'ire du conseil d'administration du constructeur automobile. "L'équilibre du pouvoir est dans le marché", explique Emmanuel Macron. "Nous opérons dans le marché, donc j'essaye de déplacer l'équilibre du pouvoir."

N.G. avec Reuters