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Monnaie nationale, patriotisme économique... Les mesures économiques de Marine Le Pen

Marine Le Pen a présenté ses 144 engagements.

Marine Le Pen a présenté ses 144 engagements. - Eric Piermont - AFP

La candidate FN à la présidentielle a dévoilé ses 144 "engagements". Elle y dénonce "la concurrence internationale déloyale" et veut une France plus "juste".

Marine Le Pen, en tête des sondages de premier tour et donnée présente mais battue au second tour, a dévoilé à Lyon ses "144 engagements". En économie, pas de grande révolution et peu de données chiffrées, mais quelques nouveautés. Le vocabulaire y a été lissé: pas de "sortie de l'euro" mais "rétablissement d'une monnaie nationale" et "une prime de pouvoir d'achat" plutôt qu'une "augmentation nette de 200 euros des salaires jusqu'à 1,4 fois le SMIC".

Dans le détail, la candidate a dressé le portrait de sa France idéale. Elle rêve d'une "France prospère". Elle veut mettre en place un plan de réindustrialisation. Pour cela, elle veut mettre en place une "coopération associant l’industrie et l’État-stratège pour privilégier l’économie réelle face à la finance spéculative". Elle propose également de soutenir les entreprises françaises "face à la concurrence internationale déloyale" grâce à un protectionnisme "intelligent" et la mise en place d'une interdiction d'importer les produits étrangers "qui ne respectent pas les normes imposées aux producteurs français". Elle désire ainsi "instaurer un vrai patriotisme économique en se libérant des contraintes européennes". Dans la même veine, elle aimerait assurer "la protection des secteurs stratégiques et porteur par un contrôle des investissements étrangers qui portent atteinte aux intérêts nationaux". Marine Le Pen préconise de supprimer sur le territoire la directive détachement des travailleurs et de mettre en place une taxe additionnelle sur l'embauche de salariés étrangers.

Par ailleurs, la candidate prévoit de créer "un secrétariat d’État dédié aux mutations économiques", de "fixer l’innovation en France en empêchant en cas de subvention publique que la société soit cédée à une société étrangère pendant dix ans", de "promouvoir les secteurs stratégiques de la recherche et de l’innovation, en augmentant la déductibilité fiscale des dons", et d'"augmenter de 30% le budget public de la recherche".

Une autre mission que se fixe la candidate est de remettre de l'ordre dans les finances publiques.

"Retirer la loi Travail"

Marine Le Pen veut tendre la main aux petites entreprises. Elle prévoit donc d'alléger la complexité administrative et fiscale qui pèse sur les TPE-PME et abaisser leurs charges sociales. La candidate va maintenir le dispositif à taux réduit à 15% de l’impôt sur les sociétés pour les TPE-PME et créer un taux intermédiaire à 24% (au lieu de 33%) pour les PME. Et elle voudrait imposer à l'État de respecter les délais de paiement, ainsi que libérer l'accès au crédit. Elle désire également favoriser l'embauche, notamment en réduisant " le nombre des obligations administratives liées au seuil social de 50 salariés".

Marine Le Pen prévoit aussi de "garantir la protection sociale". Elle va donc "fixer l'âge légal de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations", "retirer la loi Travail", "rehausser progressivement le plafond du quotient familial", "mettre en œuvre une vraie politique nataliste" et "renforcer la solidarité intergénérationnelle en permettant à chaque parent de transmettre sans taxation 100.000 euros à chaque enfant tous les cinq ans". Elle veut également créer un bouclier social pour les indépendants.

Concernant le pouvoir d'achat, la candidate FN va "revaloriser le minimum vieillesse", "baisser immédiatement de 5% les tarifs réglementés du gaz et électricité", "sécuriser les dépôts et l'épargne des Français" et enfin " aggraver les sanctions contre les dirigeants d’entreprise coupables d’ententes ou d’agissements frauduleux qui ponctionnent une partie du pouvoir d’achat des consommateurs". Marine Le Pen préconise aussi de maintenir la durée légale hebdomadaire du travail à 35 heures et défiscaliser les heures supplémentaires.

Supprimer "l’Aide Médicale d’État réservée aux clandestins"

Marine Le Pen aimerait aussi "une France juste". Elle prévoit donc de "garantir la sécurité sociale pour tous les Français", "lutter contre les déserts médicaux", "créer un cinquième risque de Sécurité sociale consacré à la dépendance", "réaliser des économies en supprimant l’Aide Médicale d’État réservée aux clandestins, en luttant contre la fraude" et "revaloriser l’Allocation aux Adultes Handicapés".

Sa France plus juste ne touche pas que la santé, mais également la fiscalité. Ainsi, elle préconise d'"assurer une juste contribution fiscale, en refusant toute hausse de la TVA et de la CSG et en maintenant l’ISF, de baisser de 10% l’impôt sur le revenu sur les trois premières tranches, opérer une simplification fiscale en supprimant les impôts à très faible rendement, supprimer le prélèvement à la source, lutter efficacement contre l’évasion fiscale, priver d’accès aux marchés publics les multinationales qui pratiquent l’évitement fiscal et dénoncer les conventions fiscales avec les pays du Golfe qui accordent des privilèges indus".

Pour que chacun trouve sa place, Marine Le Pen prévoit de "revaloriser le travail manuel par l'établissement de filières professionnelles d'excellence", "créer un dispositif premier emploi" et "dégeler et revaloriser le point d’indice pour les fonctionnaires".

Augmenter le budget de la Défense

Dans sa "France fière", la candidate veut notamment "bâtir une loi de programmation du patrimoine pour permettre un meilleur soutien", "mettre un coup d’arrêt à la politique de vente à l’étranger et au privé de palais et bâtiments nationaux", "réforme le CSA", "remettre en ordre le statut d’intermittent du spectacle", ou encore "supprimer Hadopi".

Du côté de la "France puissante", Marine Le Pen prévoit notamment "d'augmenter dès la première année du mandat le budget de la Défense à 2% du PIB puis tendre vers 3% à l’horizon de la fin du quinquennat".

"Maintenir la filière nucléaire française"

Pour la "France durable", la candidate veut "appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français", "transformer la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française", "refuser les traités de libre-échange" ou encore "promouvoir les exportations agricoles". Elle désire également "lutter contre la précarité énergétique et agir directement sur le pouvoir d’achat des Français, faire de l’isolation de l’habitat une priorité budgétaire du quinquennat". Pour le volet environnement, Marine Le Pen désire "maintenir, moderniser et sécuriser la filière nucléaire française", "soutenir une filière française de l’hydrogène (énergie propre)" et "interdire l’exploitation du gaz de schiste".

Et enfin pour le volet logement, elle veut "faciliter l’accès à la propriété en renforçant les dispositifs de prêts aidés et en améliorant les conditions de rachat par les locataires de leur logement social", "réserver prioritairement aux Français l’attribution du logement social" et "réduire les dépenses de logement des ménages".

D. L. avec AFP