BFM Business

La guerre commerciale pourrait faire perdre 3% à la croissance mondiale d'ici à 2020

L'augmentation des droits de douanes freinera la croissance mondiale

L'augmentation des droits de douanes freinera la croissance mondiale - Daniel Hayduk / AFP

Selon une estimation de la Banque de France, la seule hausse généralisée des droits de douanes coûterait 1% à la croissance mondiale. Mais les conséquences indirectes de ces mesures protectionnistes amputeraient au final l'économie mondiale de 3% sur les deux prochaines années.

"Personne ne gagnerait à une guerre commerciale". Dans une note publiée jeudi, la Banque de France met en garde contre les effets néfastes d’une hausse généralisée des droits de douanes qui pourrait amputer le PIB mondial de 3% d'ici à 2020.

Ainsi, les économistes de la Banque de France expliquent qu’un "relèvement généralisé de 10 points de pourcentage des droits de douane à l’importation pourrait réduire le PIB mondial de 1% après deux ans".

"En outre une baisse de la productivité, une hausse du coût de financement du capital et une plus faible demande d’investissement viendraient augmenter le coût du protectionnisme. Au total, la réduction du PIB mondial en volume atteindrait 3% en deux ans".

"Tout le monde est perdant"

Depuis le début de l’année, les États-Unis appliquent une série de mesures protectionnistes sur des produits comme l’acier et l’aluminium. L’Union européenne, la Chine ou encore le Canada ont d’ores et déjà riposté en imposant des droits de douanes additionnels sur des produits américains. La Maison Blanche a renchéri en menaçant de nouvelles taxes sur près de 200 milliards de dollars de produits chinois ainsi que sur les voitures européennes importées par les États-Unis.

La guerre commerciale est "la principale menace aujourd’hui sur la croissance mondiale, y compris sur la croissance américaine", a déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. "Toutes les estimations montrent que tout le monde est perdant, y compris les États-Unis, et l’est avant même l’entrée en vigueur des mesures protectionnistes elles-mêmes à travers l’effet d’incertitude sur l’investissement des entreprises", a-t-il ajouté.

P.L