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Au Venezuela, le PIB a été divisé par deux en seulement en cinq ans

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro.

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro. - HO / Venezuelan Presidency / AFP

La Banque centrale du Venezuela, qui n'avait pas publié de données économiques depuis trois ans, a indiqué que l'inflation a atteint plus de 130.000% l'année passée et que le PIB avait diminué de près de 50% depuis 2013.

Le gouvernement du Venezuela a reconnu mardi l'état désastreux de l'économie du pays en annonçant que l'inflation avait atteint 130.060% en 2018 et que le PIB avait diminué de moitié de 2013 à 2018.

Après s'être abstenue pendant trois ans de publier des chiffres macroéconomiques, la Banque centrale du Venezuela (BCV) a indiqué que l'inflation avait été de 274% en 2016, 863% en 2017 et 130.060% en 2018. Selon les chiffres de la BCV, le PIB national s'est contracté de 47,6% entre 2013 et 2018. La chute du PIB est calculée jusqu'au troisième trimestre de 2018.

Ces chiffres sont cependant éloignés des estimations du Fonds monétaire international (FMI), qui évalue l'inflation au Venezuela à 1.370.000% pour 2018. Et le FMI prévoit une inflation de 10.000.000% pour 2019.

Sanctions économiques

La grave crise économique que connaît le pays a amené plus de trois millions de Vénézuéliens à émigrer depuis 2015, selon l'ONU. Dernièrement, la situation s'est compliquée encore davantage avec les tensions politiques suscitées par la lutte de pouvoir entre le président socialiste Nicolas Maduro et l'opposant Juan Guaido.

Arrivé au pouvoir en 2013 en tant que dauphin du président Hugo Chavez, Nicolas Maduro attribue l'effondrement économique du pays aux lourdes sanctions financières imposées par les Etats-Unis au Venezuela et à son entreprise pétrolière nationale, PDVSA.

Ces sanctions se sont aggravées depuis que Washington a apporté son soutien à Juan Guaido, chef du Parlement contrôlé par l'opposition, qui s'est autoproclamé président par intérim en janvier dernier et a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis.

Toutefois, pour Henkel Garcia, directeur de la firme spécialisée Econometrica, les données publiées par la BVC "confirment que la plus grande partie de la destruction de l'économie s'est produite bien avant les sanctions".

Jean-Christophe Catalon avec AFP