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Michel Sapin: un homme d'expérience pour des Finances en berne

Michel Sapin va faire face à d'importants défis.

Michel Sapin va faire face à d'importants défis. - Lionel Bonaventure- AFP - Montage BFMTV.com

PORTRAIT - Michel Sapin conserve son poste de ministre des Finances et des Comptes publics. Alors qu'il avait espéré récupérer Bercy pour lui tout seul, il devra partager le Minefi avec l'ambitieux Emmanuel Macron, nommé ministre de l'Economie et de l'Industrie.

A Bercy, rien de nouveau. Du moins pour Michel Sapin. L'ancien député de l'Indre a été reconduit, mardi 26 août, ministre des Finances et des Comptes publics, voyant s'échapper une partie du périmètre du ministère de l'Economie et des Finances. 

Fidèle à François Hollande depuis qu'ils se sont connus sur les bancs de l'ENA, Michel Sapin finit toujours par céder aux demandes du Président. Lors de sa nomination dans le premier gouvernement de Manuel Valls, il avait ainsi tenté de rester ministre du Travail; sans succès. Mardi, il a espéré être seul aux commandes de Bercy, et récupérer ainsi le portefeuille d'Arnaud Montebourg. 

Mais à nouveau le Minefi est partagé, conformément au modèle allemand, entre l'Economie et l'Industrie d'un côté, les Finances et les Comptes publics de l'autre. Michel Sapin va donc partager le pouvoir à Bercy avec le brillant et ambitieux Emmanuel Macron. Qui de mieux qu'un ex-banquier, passé chez Rothschild, pour incarner le tournant social-démocrate et la politique de l'offre voulus par François Hollande?

D'importants défis

Michel Sapin reste donc ministre des Finances et des Comptes publics. Après 147 jours au bilan en demi-teinte, marqué par une croissance atone. L'Insee a, en effet, indiqué le 14 août dernier, que l'économie française a stagné sur les six premiers mois de l'année. Michel Sapin avait alors été contraint de diviser par deux la prévision de croissance du gouvernement, en passant de 1% à 0,5%.

Et un défi colossal l'attend: obtenir les bonnes grâces de Bruxelles. Une mission qui s'annonce difficile sinon impossible puisque Michel Sapin a déjà admis que le gouvernement ne parviendrait pas à son objectif de déficit cette année, fixé à 3,8%.

De plus, le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déjà prévenu qu'il n'était plus question de faire preuve de clémence vis-à-vis de Paris. Le ministre va donc devoir batailler, lui dont le mandat de ministre du Travail sous le gouvernement Ayrault restera à jamais marqué par l'échec de l'inversion de la courbe du chômage.

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Julien Marion et Clémence Lemaistre