BFM Business

Michel Sapin: "Je n'ai pas honte de ce qu'on a fait. Je suis plutôt fier"

Michel Sapin était l'invité de BFM Business.

Michel Sapin était l'invité de BFM Business. - BFM Business

Invité de BFM Business, le ministre de l'Économie et des Finances s'est félicité de la création de l'Agence française anticorruption. Michel Sapin a également précisé que si la France "est montée au capital de Renault, ce n'est pas pour l'éternité".

"Il manquait la capacité pour la France de lutter contre la corruption transnationale". Invité de BFM Business, le ministre de l'Économie et des Finances a vanté les mérites de l'Agence française anticorruption créée par la loi "Sapin II", Ce nouvel organisme a pour mission d'aider les autorités compétentes et les personnes qui y sont confrontées à prévenir et à détecter les faits de corruption, de trafic d'influence, de concussion, de prise illégale d'intérêt, de détournement de fonds publics et de favoritisme.

"La première chose est la prévention", explique Michel Sapin. "La seconde est de donner les outils juridiques pour vérifier les flux financiers et effectivement sanctionner. Quand cela se passe à l'étranger, ce n'est pas facile".

UBS "a estimé qu'il n'est pas dans son intérêt de transiger. C'est son droit"

Le ministre est revenu sur l'affaire UBS. Le géant suisse, poids lourd mondial de la gestion de fortune, a été renvoyé avec sa filiale française devant le tribunal correctionnel pour fraude fiscale. Il y a quelques mois, la banque avait entamé des négociations informelles avec le parquet pour étudier la possibilité de mettre en place une convention judiciaire d'intérêt public (CJIP). Cette nouvelle procédure permet à une entreprise poursuivie pour corruption et/ou blanchiment de fraude fiscale de négocier une amende, sans aller en procès ni plaider-coupable.

Ces négociations ont échoué car le parquet et la banque n'ont notamment pas réussi à s'accorder sur le montant des sommes. "La banque a estimé qu'il n'est pas dans son intérêt de transiger. C'est son droit", rappelle Michel Sapin. "Là elle va traîner cette image d'avoir inciter à la fraude fiscale". Selon lui, une entreprise a intérêt de trouver rapidement une solution, et l'intérêt de la justice c'est que cela se passe en France.

"Ce n'est pas pour l'éternité"

Michel Sapin a également été interrogé sur la part de l'État au capital de Renault. "Nous sommes montés au capital de Renault. Ce n'est pas pour l'éternité", affirme le ministre. Mais il précise qu'il attend le bon moment pour redescendre. "Après, moi, je suis aussi gestionnaire des intérêts de l'État, je regarde quel était le cours au moment où on a acheté et le cours aujourd'hui, et je n'ai pas envie de faire perdre de l'argent aux Français."

Et enfin, le ministre est revenu sur le bilan de la France. "Je n'ai pas honte de ce qu'on a fait. Je suis plutôt fier". L'Insee annoncera demain, vendredi 24 mars, le chiffre du déficit public français en 2016. Michel Sapin annonce déjà qu'"on sera dans un ordre de grandeur qui permettra de dire qu'on a respecté nos engagements".

D. L.