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Martin Hirsch reprend sa liberté

Martin Hirsch, figure atypique de l'ouverture qui aimait à cultiver sa différence avec le "microcosme" politique, a décidé de quitter le gouvernement. /Photo prise le 22 mars 2010/REUTERS/Philippe Wojazer

Martin Hirsch, figure atypique de l'ouverture qui aimait à cultiver sa différence avec le "microcosme" politique, a décidé de quitter le gouvernement. /Photo prise le 22 mars 2010/REUTERS/Philippe Wojazer - -

PARIS - Martin Hirsch, figure atypique de l'ouverture qui aimait à cultiver sa différence avec le "microcosme" politique, a mis fin lundi à sa...

PARIS (Reuters) - Martin Hirsch, figure atypique de l'ouverture qui aimait à cultiver sa différence avec le "microcosme" politique, a mis fin lundi à sa mission gouvernementale.

Ce départ, l'ancien président d'Emmaüs France, âgé de 46 ans, l'a mûri dès sa nomination en mai 2007. Haut commissaire aux solidarités actives, il s'était vu confier en outre le portefeuille de la Jeunesse en janvier 2009 par Nicolas Sarkozy.

Farouche défense de sa liberté de "mission", ce chantre de l'économie solidaire avait exprimé fin 2009 le souhait de quitter le gouvernement pour poursuivre ses combats "sous d'autres formes".

Il l'explique lundi dans un communiqué, précisant que Nicolas Sarkozy et François Fillon lui avaient donné leur accord mais lui avaient demandé de ne pas partir "avant le printemps et les élections régionales".

Martin Hirsch répétait en privé qu'il quitterait ses fonctions une fois ses missions accomplies.

Il peut se prévaloir d'être parvenu à ses fins : création du revenu de solidarité active (RSA), loi du 10 mars 2010 créant le service civique, lancement du chantier de l'orientation.

Il présidera désormais l'Agence du service civique.

Fin manoeuvrier de l'avis de ses ex-collègues, qui dénonçaient pour certains en privé son "double jeu", parfois critique des décisions gouvernementales, Martin Hirsch était parvenu à s'assurer des arbitrages présidentiels à la mesure de ses ambitions dans une période de disette budgétaire.

"C'est Steve Austin, rien à moins d'un milliard", plaisantait un conseiller ministériel avec un brin d'admiration.

HOMMAGE APPUYÉ À SARKOZY

Normalien et énarque, le président d'Emmaüs France avait conseillé un temps l'actuel premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, future ministre de l'Emploi, avant de devenir, à la Santé, le directeur de cabinet de Bernard Kouchner.

En avril 2006, celui que ses proches décrivent comme un "éclectique insatiable", avait accepté des mains de Dominique de Villepin une mission sur la lutte contre l'exclusion.

"Je me suis efforcé de rester clair dans mes engagements et je suis reconnaissant au président de la République et au Premier ministre d'avoir respecté ma singularité et mes convictions et d'avoir soutenu les projets que j'ai portés", déclare-t-il dans son communiqué, en rendant un hommage appuyé à Nicolas Sarkozy.

"Je suis persuadé qu'on peut, en fidélité à ses convictions et avec loyauté, faire avancer les mêmes idées en exerçant des responsabilités associatives ou des responsabilités publiques, comme haut fonctionnaire ou comme membre du gouvernement", souligne-t-il.

Martin Hirsch précise qu'il lancera également des projets innovants dans le domaine du "social business", en partenariat avec des entreprises prêtes à s'engager, en France comme dans d'autre pays.

Il avait également dirigé l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) pendant six ans avant de créer une "Agence nouvelle des solidarités actives", qui expérimente des programmes locaux de réduction de la pauvreté.

Service France, édité par Yves Clarisse