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Mario Draghi ne voit pas de "risques majeurs pour la stabilité financière"

Mario Draghi tente de rassurer.

Mario Draghi tente de rassurer. - Daniel Rolland - AFP

Le président de la BCE estime que les taux bas ne posent pas actuellement de risque pour la stabilité financière. Mais il reste "très vigilant".

Mario Draghi se veut rassurant. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) a affirmé mercredi ne "pas voir de risques majeurs pour la stabilité financière se matérialiser à l'heure actuelle", dans l'environnement actuel de taux d'intérêt très bas.

"Je sais que beaucoup d'entre vous scrutent attentivement les effets potentiels des taux bas sur la stabilité financière", a déclaré Mario Draghi lors d'une audition devant des députés européens retransmise sur internet. "Nous sommes très vigilants sur les risques posés à la stabilité financière, mais nous ne les voyons pas se matérialiser à l'heure actuelle", a-t-il poursuivi.

Le loyer de l'argent est au plus bas en Europe - le principal taux directeur de la BCE est à 0,05% depuis un an - et dans le reste du monde, ce qui signifie que, pour faire fructifier leur argent, les investisseurs de tous poils doivent s'écarter des placements traditionnels, et augmente la probabilité qu'ils se lancent dans des investissements risqués. Cela signifie aussi que l'on peut s'endetter à peu de coût, ce qui peut favoriser la constitution de bulles, dans l'immobilier par exemple.

Elargir son action

La semaine dernière la banque centrale américaine, Fed, n'a pas relevé ses taux, mais signalé qu'elle le ferait probablement avant la fin de l'année.

Pendant son intervention, Mario Draghi a également répété la détermination de l'institution monétaire européenne à élargir son action si les perspectives d'évolution des prix se dégradaient en zone euro. "Nous n'hésiterions pas à agir", a dit l'Italien. Spécifiquement, si "une impulsion monétaire s'avérait nécessaire", a-t-il précisé, "nous pourrions ajuster la taille, la composition et la durée" du programme baptisé "QE" de rachats massifs d'actifs sur les marchés, mis en oeuvre par la BCE depuis mars dernier. Sous le régime du "QE", la BCE achète 60 milliards d'euros de dette, surtout des obligations souveraines des pays de la zone euro, par mois, et est censée le faire au moins jusqu'à septembre 2016. A ce rythme, elle aura mis plus de 1.100 milliards d'euros sur la table d'ici cette date.

D. L. avec AFP