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Malaise au MoDem après la déroute des régionales

Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou. Les cadres du MoDem se sont réunis samedi à Paris en conseil national, après le modeste score des élections régionales (4,2%), que certains attribuent à des erreurs de stratégie de leur président, cepe

Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou. Les cadres du MoDem se sont réunis samedi à Paris en conseil national, après le modeste score des élections régionales (4,2%), que certains attribuent à des erreurs de stratégie de leur président, cepe - -

PARIS - Les cadres du Mouvement démocrate (MoDem) se sont réunis samedi à Paris après le modeste score des élections régionales (4,2%), que certains...

PARIS (Reuters) - Les cadres du Mouvement démocrate (MoDem) se sont réunis samedi à Paris après le modeste score des élections régionales (4,2%), que certains attribuent à des erreurs de stratégie de leur président François Bayrou.

Réunis en conseil national, environ 200 membres du Parti centriste, selon un participant, ont analysé cet échec que François Bayrou a attribué aux divisions internes, à des problèmes de positionnement et au ton général de la campagne qui n'a pas fait selon lui assez de place aux questions régionales.

Alors que des militants lui reprochent une gestion trop personnelle du parti, le député béarnais a notamment pris pour cible l'ex vice-présidente du MoDem Corinne Lepage.

Elue députée européenne en juin dernier, l'ancienne ministre a claqué la porte du MoDem après avoir soutenu Europe Ecologie en Alsace pendant la campagne des régionales.

"Il n'y a pas de mouvement politique qui puisse se faire entendre dans un climat de division interne", a dit François Bayrou à la presse après la réunion, qui s'est tenue à huis clos.

"Je fais porter la faute à nous-mêmes, mais les divisions internes ont coûté extrêmement cher", a-t-il affirmé. "Au lieu d'avoir une dynamique, nous avons eu un message négatif uniquement".

Douze listes MoDem ont été à un demi-point des 5% nécessaires pour être remboursés des frais de campagne, a-t-il aussi fait remarquer.

A ceux qui prédisent la mort du MoDem, François Bayrou a assuré dès avant la réunion : "Vous allez voir ce qu'est une famille politique réelle, vivante, quand elle décide de prendre à bras le corps les questions qui la concernent et, plus important, celles qui concernent la société française".

Pour l'ancien député européen MoDem Bernard Lehideux, l'échec des régionales "fait partie des aléas, des hauts et des bas de la vie politique".

DEUX NOUVEAUX VICE-PRÉSIDENTS

Le conseil national "s'est déroulé dans un climat pas tendu du tout, c'était très sympa", a-t-il dit à Reuters.

Les cadres du MoDem se sont dotés de deux nouveaux vice-présidents : le député européen Robert Rochefort et le député pyrénéen Jean Lassalle, seul candidat MoDem à avoir atteint le second tour, en Aquitaine, où il a recueilli dimanche plus de 15% des voix.

Le MoDem a également désigné un nouveau secrétaire général : Marc Fesneau, qui était tête de liste MoDem dans la région Centre.

Alors que le MoDem ne compte que 28 élus se pose la question de la capacité de son président de se présenter une nouvelle fois à l'élection présidentielle en 2012. "Troisième homme" de la course à l'Elysée de 2007, le député béarnais avait remporté 18,6% des voix au premier tour.

Pour Bernard Lehideux, la candidature de François Bayrou reste envisagée.

"Je peux vous jurer que nous n'avons pris aucune décision en la matière et je peux vous jurer aussi qu'aucun d'entre nous ne pense qu'elle est remise en cause", assure-t-il. "La vérité c'est que deux ans avant l'élection de Jacques Chirac, personne ne pensait qu'il allait être élu".

Les centristes qui avaient lâché François Bayrou après la présidentielle, dont une partie ont créé le Nouveau Centre présidé par le ministre de la Défense Hervé Morin, ont lancé cette semaine un appel au rassemblement.

Elizabeth Pineau, édité par Nicole Dupont