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Macron veut "renforcer les contrôles du travail détaché"

Lors de la première journée de son premier sommet européen, le président de la République a évoqué plusieurs dossiers économiques parmi lesquels le travail détaché et le protectionnisme.

Si le premier sommet européen d'Emmanuel Macron a avant tout été consacré aux questions de Défense et de Sécurité en Europe, plusieurs dossiers économiques ont néanmoins été évoqués par le locataire de l'Élysée lors de sa conférence de presse. 

Avec en premier lieu les travailleurs détachés, un sujet sur lequel le Président a promis d'agir.

"Quand l'Europe ne fonctionne plus selon des règles de bon sens et de solidarité, quand vous ne savez plus expliquer l'Europe à vos concitoyens, à vos classes moyennes, c'est qu'elle n'est plus au rendez-vous, qu'elle est infidèle à sa promesse initiale", a-t-il affirmé. 

Renforcer les contrôles

Et Emmanuel Macron d'affirmer que lui-même ne "sait pas expliquer en France une partie du travail détaché". "Pas seulement le travail détaché illégal, mais aussi le travail détaché lorsqu'il est de manière manifeste la volonté de contourner une contrainte de coût, et non pas le fonctionnement normal d'un marché du travail où l'on va chercher le plus qualifié ou le plus adapté, quel que soit son pays d'origine", a-t-il développé. 

"Donc on doit remettre (ce sujet) sur la table, pour renforcer les contrôles, en limiter l'usage et avoir un principe qui n'avantage pas le moins-disant social", a-t-il ajouté. Avant de conclure: "Parce que l'Europe, gravitairement, ira vers un détricotage de ses propres mécanismes de régulation, de ses propres mécanismes de droit. Beaucoup de pays l'ont aujourd'hui touché du doigt. Moi je mettrai toute mon énergie, politique et diplomatique à avancer sur ce sujet".

Contrôle des investissements stratégiques

Emmanuel Macron a par ailleurs évoqué sa proposition de contrôler les investissements étrangers lorsqu'ils portent dans des domaines stratégiques. 

Si Emmanuel Macron s'est défendu de vouloir "fermer l'Europe", il a néanmoins rappelé que les États-Unis "un des pays les plus ouverts au monde, en tout cas jusqu'à présent," est un des pays "qui contrôlent le plus les investissements dans les domaines stratégiques".

"Je suis tout à fait favorable à ce qu'il y ait des investissements chinois, asiatiques, américains, africains, moyen-orientaux ou de fonds mondiaux dans toutes les économies de l'Union européenne. Mais il est légitime d'avoir des mécanismes de contrôle lorsque ces investissements se font dans des secteurs qui sont stratégiques" a enchaîné le président de la République.

Un sujet renvoyé à plus tard

Avant de préciser: "C'est-à-dire qui mettent en cause notre souveraineté nationale ou européenne, notre sécurité collective, des domaines particulièrement sensibles. Ou alors nous décidons de fait que notre attractivité se fera aux dépens de notre souveraineté".

Selon un document consulté par l'AFP, cette proposition du président devrait être renvoyée à plus tard, et sera abordée "lors d'une des futures réunions (du Conseil européen, NDLR)".

Nina Godart et Julien Marion