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Macron remet (encore) en cause les 35 heures

Le ministre de l'Economie, interrogé à l'Assemblée nationale sur le temps de travail, a à nouveau plaidé en faveur de plus de souplesse pour les entreprises et leurs salariés.

Le ministre de l'Economie, interrogé à l'Assemblée nationale sur le temps de travail, a à nouveau plaidé en faveur de plus de souplesse pour les entreprises et leurs salariés. - Fred Dufour-AFP

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a indiqué jeudi qu'on pouvait "défendre" les 35 heures, "sans pour autant les mettre sur un piédestal". Il prône notamment une organisation par entreprises.

Emmanuel Macron relance le débat sur les 35 heures, avec mille pincettes cette fois. Le ministre de l'Economie assure vouloir les "défendre (...) sans pour autant les mettre sur un piédestal". Il souhaite encourager les aménagements au sein des entreprises ou des branches obtenus grâce au dialogue social.

"Le cadre légal n'est pas suffisant parce que salariés comme entreprises ont besoin de plus de souplesse. Qui serions-nous pour dire à quelqu'un qui souhaite travailler plus que c'est impossible?", s'est interrogé le ministre devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur le temps de travail.

"Dans le cadre légal des 35 heures, comment faire en sorte que des accords majoritaires puissent donner plus de flexibilité sur certains territoires ou dans certaines branches? C'est cette voie qui doit être poursuivie", a-t-il jugé.

Un effet bénéfique des 35 heures, mais un signal négatif

Le ministre a estimé que la réforme des 35 heures avait eu "un effet bénéfique sur l'emploi", avec 350.000 postes créés grâce aux lois Aubry. La mesure a en outre été "acceptée et bien reçue par les Français".

Pour autant, elle a "créé un signal négatif pour les entreprises étrangères qui voulaient investir en France", et ce malgré une durée effective du travail dans le pays qui dépasse ce volume horaire affiché, et une productivité qui a augmenté de 2 à 3%.

Le ministre avait déjà exprimé une position similaire dans une interview au magazine Le Point, parue en août dernier. Au moment de la tenue de l'entretien, il n'avait pas encore été nommé ministre. Avec moins de précautions, il déclarait "nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d’accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunérations, à la condition explicite qu’il y ait un accord majoritaire avec les salariés".

Ces accords de branches ou d'entreprises pour aménager le temps de travail sont déjà possibles. Ils ont été prévus dans l'accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi de janvier 2013. Mais ce dispositif ne s'adresse qu'aux entreprises en difficulté, et est limité dans le temps, à deux ans maximum.

N.G. avec AFP