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Macron réclame à son tour une réforme de l'assurance-chômage

Le ministre de l'Economie précise ce 12 octobre son calendrier de réformes

Le ministre de l'Economie précise ce 12 octobre son calendrier de réformes - Jean-Philippe Ksiasek-AFP

Le ministre de l'Economie affirme que le gouvernement a six mois pour réformer dans une interview au JDD de ce 12 octobre. Il y dénonce les corporatistes en France et plaide pour une réforme de l'indemnisation chômage évoquée la semaine dernière par Manuel Valls.

Après Manuel Valls mardi, c'est au tour de son jeune ministre de l'Economie de mettre les pieds dans le plat à propos de l'assurance-chômage.

Dans une interview au JDD de ce 12 octobre, Emmanuel Macron affirme qu"il ne doit pas y avoir de tabou, ni de posture. L'assurance chômage est en déficit de quatre milliards d'euros. Quel responsable politique peut s'en satisfaire ?"

Peut-importe que François Hollande se soit mis en retrait sur ce dossier l'autre mardi depuis Rome. Mais quand Bruxelles réclame à la France des réformes structurelles alors que le budget 2015 est dans le viseur de la Commission européenne, la parole du ministre de l'Economie n'est sans doute pas fortuite. 

Les partenaires sociaux en ligne de mire

"Il y a eu une réforme, elle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là", ajoute -t-il. Et il avertit : l'Etat pourrait "reprendre la main" si les blocages sont trop lourds".

Il fait ainsi référence à l'attitude des partenaires sociaux gestionnaires de l'assurance-chômage (Unedic), des syndicats en particuliers dont beaucoup ne veulent pas entendre parler de dégressivité des allocations versées aux chômeurs. Un mot qu'Emmanuel Macron n'emploie toutefois pas dans son interview. 

"Le socialisme n'est pas un prix remis par quelques uns"

Emmanuel Macron revient également sur la décision de Ségolène Royal de suspendre l'écotaxe. "Il faut savoir prendre une décision". Celle-là "n'était pas facile mais indispensable. Nous aurions même dû y venir plus tôt, car ce dispositif n'était pas adapté. Nous trouverons d'autres sources de financement". 

Concernant son futur projet de loi "libérant l'activité " et réformant les professions dites réglementées, Emmanuel Macron confirme que le texte sera en conseil des ministres avant la fin de l'annéeet "voté au plus vite en 2015". Ce texte touchera en particulier les sociétés d'autoroute, précise Emmanuel Macron. 

Il insiste sur le fait que cette réforme "doit changer rapidement les mentalités". "Le socialisme ne saurait être un prix remis par quelques uns., c'est le peuple qui en décide, comme le disait François Mitterrand".

Patrick Coquidé