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Macron: la double paie le dimanche ne survivra pas à "l'épreuve du réel"

Emmanuel Macron assure que son texte de loi est une avancée sociale pour les salariés amenés à travailler le dimanche.

Emmanuel Macron assure que son texte de loi est une avancée sociale pour les salariés amenés à travailler le dimanche. - Fred Dufour - AFP

La loi sur la croissance présentée par le ministre de l’Economie va permettre aux salariés travaillant dimanche de bénéficier de compensations, qui seront fixées par des accords de branche. Emmanuel Macron a reconnu ce 11 décembre que tous les salariés ne pourront pas prétendre à un doublement de leur salaire.

Le travail du dimanche continue de cristalliser les tensions, même au sein de la majorité où Martine Aubry y voit une régression sociale. Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, qui au travers de sa loi pour la croissance souhaite élargir l’ouverture dominicale à 12 semaines par an, y voit pour sa part une avancée pour les 30% des Français qui travaillent le dimanche car ils auront plus de droits.

"ll y a 600 zones touristiques où les Français travaillent sans aucune obligation de compensation. Désormais, sans compensation, il n’y aura pas d’ouverture le dimanche", a rappelé Emmanuel Macron, sur RTL ce 11 décembre. Et cela sera obligatoire, quelle que soit la taille de l’entreprise.

L’enjeu est maintenant de connaître quel sera le montant versé à ces salariés. Il ne sera pas inscrit dans la loi. "On a parfois cru que l’on pouvait tout régler par la loi. Or ce sera un accord social pour que les règles soient définies intelligemment", a insisté le ministre de l’Economie. Et d’ajouter que "les Français sont plus intelligents pour savoir ce qui est bon pour eux".

Le principe du volontariat inscrit dans les accords de branche

En tout cas, la proposition du secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert de doubler le salaire le dimanche lui semble difficilement généralisable. "Faites deux secondes l'épreuve du réel, doublez le salaire,
voyez si un petit magasin peut payer double. Il fermera", a-t-il affirmé. Il reconnaît que les montants pourront varier selon la situation des magasins ouverts même si "il y aura sans doute des branches qui prévoiront de payer double."

"Une grande surface en périphérie peut le faire, le petit magasin de centre-ville pas forcément " donne en exemple le ministre. De même "dans les zones très touristiques, où les magasins feront beaucoup d’argent, ils doubleront les salaires", assure-t-il. Mais plus globalement, il table plutôt sur un bonus de l’ordre de 30 à 40% du salaire.

Les accords de branche devront aussi contenir des dispositions qui permettent d’assurer que le travail dominical se fera sur la base du volontariat. "Les salariés doivent pouvoir se défendre et faire valoir leurs droits, et tout cela passe par les accords de branche qui sont en train d’être discutés" a expliqué Emmanuel Macron. Il assure même que ces discussions permettront aussi de se pencher sur le temps partiel subi, très fréquent notamment dans la grande distribution. "Les droits des salariés seront mieux défendus. Dans les accords de branche en discussions je m’engage pour que ce soit amélioré" a-t-il asséné.

C.C. et C. P.