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Macron: "La directive travailleurs détachés telle qu'elle fonctionne est une trahison"

Emmanuel Macron donnait une conférence de presse depuis Salzbourg ce mercredi.

Emmanuel Macron donnait une conférence de presse depuis Salzbourg ce mercredi. - BFMTV

Dans le cadre de sa tournée européenne pour faire en sorte que la directive sur les travailleurs détachés soit révisée, Emmanuel Macron a fait un point d'étape en Autriche ce mercredi.

Emmanuel Macron se trouve ce mercredi en Autriche dans le cadre d'une mini-tournée européenne entamée pour renégocier la directive sur les travailleurs détachés. Lors d'une conférence de presse à Salzbourg avec son homologue autrichien, le président français a évoqué les pistes discutées pour modifier le cadre légal du détachement de travailleurs en Europe.

En introduction, Emmanuel Macron a rappelé qu'il souhaitait la révision de la directive sur les travailleurs détachés. Un sujet sur lequel l'Autriche pourrait être un puissant appui puisqu'elle prendra la présidence tournante de l'Union européenne au second semestre 2018. Or, bonne nouvelle, affirme Emmanuel Macron: Vienne et Paris partagent un "alignement de vue total sur l'agenda de l'Europe" pour "aller plus loin dans une Europe qui protège".

Des pays "qui font la promotion du moindre droit social"

"Nos concitoyens ont accepté, ont voulu faire l'Europe pour se protéger des dérèglements de la mondialisation sous toutes ses formes. Et l'Europe qui protège est une Europe qui sait régler le problème des travailleurs détachés", a estimé le président français. Ajoutant que "la directive travailleurs détachés telle qu'elle fonctionne est une trahison de l'esprit européen dans ses fondamentaux".

Pour le chef de l'État, qui doit par ailleurs poursuivre sa tournée européenne en se rendant en Roumanie puis en Bulgarie, "le marché unique européen et la libre circulation des travailleurs n'a pas pour but de favoriser les pays qui font la promotion du moindre droit social". Cette torsion du projet initial est à ses yeux "ce qui, dans nos pays, nourrit le populisme et érode la confiance dans le projet européen".

"Bon espoir"

Concrètement, Emmanuel Macron voudrait donc réformer la directive pour "réduire le temps d'utilisation des travailleurs détachés -limité à un an-, renforcer les contrôles et la possibilité des contrôles, développer les contrôles et les coopérations en matière de contrôle sur le plan bilatéral, avoir un principe simple qui est 'à travail égal, rémunération égale' ce qui évite toute distorsion". Certes, ce projet n'en est qu'au stade des discussions. Mais le président français indique avoir "bon espoir de continuer à avancer sur ces points".

Par ailleurs, interrogé sur l'interpellation dont il a fait l'objet par son prédécesseur François Hollande qui semblait le soupçonner de sacrifier le droit du travail, Emmanuel Macron a botté en touche. Il s'est borné à rappeler qu'il trouvait "les règles du marché du travail encore trop rigides". Et que le projet de réforme de son gouvernement ne visait pas "la destruction des droits sociaux" mais "la possibilité d’adapter notre économie, plutôt que la voir se casser à un certain moment".

N.G.