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Macron dévoile ses mesures pour soutenir les agriculteurs

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Clôturant le premier volet des États généraux de l'alimentation, le président de la République a annoncé ce mercredi une loi pour rééquilibrer les rapports entre producteurs et distributeurs.

Un tiers des agriculteurs vivaient en 2016 avec moins de 350 euros par mois. Cette statistique glaçante, publiée mardi par la MSA, la mutuelle des agriculteurs, souligne la nécessité d'agir.

S'exprimant en clôture de la première partie des États généraux de l'alimentation, Emmanuel Macron a justement donné ses pistes pour faire face à la paupérisation des agriculteurs.

Il a ainsi annoncé une loi pour rééquilibrer les contrats entre agriculteurs, industriels et distributeurs. "Nous modifierons la loi pour inverser la formation du prix qui partira du coût de production", a déclaré le chef de l'État à Rungis. Le chef de l'État a en ce sens indiqué que des ordonnances seraient prises au premier semestre 2018.

Inverser la construction du prix

Devant son auditoire, Emmanuel Macron a affirmé sa volonté d'en finir avec la guerre des prix, initiée par plusieurs distributeurs dont Leclerc. "Nous avons tous une responsabilité et la première c'est de mettre fin à cette guerre de prix", a-t-il affirmé. "Stopper la guerre des prix c'est stopper la dévalorisation permanente du revenu des agriculteurs, c'est leur permettre de vivre ou plutôt de revivre", a poursuivi Emmanuel Macron.

Le président de la République propose ainsi "un contrat qui serait proposé par les agriculteurs et non plus par les acheteurs". "Nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir du coût de production", a-t-il répété.

"Afin que cette volonté prenne effet dès les négociations commerciales annuelles qui démarrent en novembre", il a demandé "un engagement clair des parties prenantes en ce sens, avant la loi, pour que ces négociations reflètent l'esprit de la loi à venir, sous l'autorité des ministres".

Prudence sur le seuil de revente à perte

À propos du seuil de revente à perte dans la grande distribution, dont les agriculteurs demandent le relèvement, Emmanuel Macron est resté prudent en demandant au préalable, pour la fin de l'année, une organisation des secteurs agricoles et agro-alimentaire par filières.

"Je suis favorable au relèvement du seuil de revente à perte pour les produits alimentaires et l'encadrement des promotions", a-t-il dit, "mais je vous demanderai d'ici la fin de l'année de donner plus de visibilité, de conclure pour la fin de l'année des plans de filières. Le seuil de revente à perte qu'on relèverait seul serait une forme de chèque en blanc", a-t-il déclaré.

Il a aussi souhaité des organisations de producteurs la mise en place d'indicateurs de marché sur les coûts de production et de contrats types par filière, pour que tous les agriculteurs aient accès facilement à ces informations.

Macron assure que le Ceta respectera les normes européennes

Emmanuel Macron a assuré ce mercredi à Rungis que le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (Ceta), entré en application provisoire le 21 septembre, respecterait les normes européennes de santé et d'environnement.

"La mise en place du Ceta sera parfaitement conforme aux normes européennes sur la santé et l'environnement pour empêcher toute concurrence déloyale sur le marché européen", a déclaré le président de la République, donnant notamment l'exemple du saumon canadien transgénique.

J.M.