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Macron dessine son "New deal pour l'Europe"

Emmanuel Macron cite la BCE comme exemple d'institutions européennes qui fonctionnent

Emmanuel Macron cite la BCE comme exemple d'institutions européennes qui fonctionnent - Thomas Samson - AFP

Dans un discours prononcé à Berlin ce mardi 31 mars, le ministre de l'Economie a plaidé pour une Europe à plusieurs vitesses. Il souhaite notamment que la coopération se fasse davantage au niveau de la zone euro et non de l'Union européenne.

Emmanuel Macron dresse sa vision de l'Europe. Le ministre de l'Economie a, ce mardi 31 mars à Berlin, plaidé pour que des décisions soient prises uniquement au niveau de la zone euro si cela permettait de faire avancer l'intégration européenne.

"Je crois en une Europe à deux vitesses, ou à plusieurs vitesses", a-t-il tout d'abord déclaré des étudiants de la Hertie School of Governance, institution spécialisée dans les sciences politiques.

"Si nous voulons progresser, si nous voulons plus d'intégration, alors essayons quelque chose ensemble au niveau de la zone euro", et non de l'Union européenne dans son ensemble, qui, à 28 membres, est "certainement dans une phase de digestion", a-t-il ensuite ajouté.

La BCE comme exemple à suivre

Dans un discours intitulé "un New Deal pour l'Europe", prononcé à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand, le ministre a plaidé pour "un renforcement de la zone euro avec de nouveaux outils, comme un budget et une assurance chômage coordonnée".

La création de nouvelles institutions, en leur transférant des pouvoirs, à l'image de la Banque centrale européenne (BCE) ou la supervision bancaire, "est la meilleure façon de progresser", a également estimé le ministre.

"Quand vous avez des institutions avec des priorités claires, cela fonctionne", alors que les règles sont, elles, sans cesse questionnées et ont tendance à alimenter le manque de confiance entre les Etats membres, a développé Emmanuel Macron.

"La France a une grande responsabilité"

Dans l'esprit du ministre, ce New Deal consisterait en "des réformes, particulièrement en France, où nous avons beaucoup de travail à faire, et dans la création d'un élan, par le biais de ces réformes, pour créer plus d'investissements au niveau européen".

"La France a une grande responsabilité. Nous devons nous réformer maintenant. L'Allemagne ne nous attendra pas", a pressé Emmanuel Macron.

En matière d'investissements, le ministre a estimé que le plan Juncker était "clé et un bon point de départ", mais que l'Europe avait besoin de "quelque chose de plus ambitieux". "Nous avons tous besoin de davantage d'Europe pour sortir de la crise", a-t-il conclu, jugeant "absolument nécessaire de s'assurer que la crise ne laisse pas des cicatrices permanentes".

J.M. avec AFP