BFM Business

Macron défend le compte pénibilité et la loi Hamon

Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, défend les projets gouvernementaux

Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, défend les projets gouvernementaux - Lionel Bonaventure-AFP

Alors que le patronat menace de se mobiliser contre le gouvernement, le ministre de l'Economie défend le compte pénibilité et l'information des salariés en cas de cession. Deux mesures qui braquent les chefs d'entreprises.

Manuel Valls a vanté une nouvelle fois l'esprit d'entreprise lors des BFM Awards, lundi soir, avant de recevoir les partenaires sociaux ce mardi. 

De son côté, son ministre de l'Economie, défend pourtant devant les députés le compte pénibilité et l'information des salariés en cas de cession de leur entreprise, l'une des dispositions les plus contestées par le patronat de la loi Hamon de juillet dernier. 

Le compte pénibilité, une "formidable avancée"

Voici en effet quelques jours, il s'est exprimé de manière discrète devant les députés réunis en commission à l'occasion de la discussion budgétaire. En réponse à plusieurs d'entre eux, il a lancé concernant le compte pénibilité : "c'est une formidable avancée et le gouvernement y est très attaché" (...) J’appelle les représentants patronaux à leur devoir de responsabilité : si l’on met le feu chaque fois que l’on applique la loi, dans quel pays vivrions-nous ?

Il a cependant ajouté : "la question dépasse les sensibilités politiques, rappelant que son collègue du Travail, François Rebsamen, va prochainement faire des propositions pour rendre le dispositif plus simple et plus pragmatique". Les parlementaires "doivent être associés pour relayer sur le terrain ce travail de simplification." 

"L'information des salariés, une bonne idée"

Il s'est ensuite exprimé sur l'obligation d'information préalable des salariés des entreprises de moins de 250 personnes en cas de projet de cession. Le ministre de l'Economie a lancé: "ce texte a été voté, on ne peut s’en affranchir en décidant soudainement (..) que c’était une mauvaise idée ! Il s’agit au contraire d’une bonne idée qui correspond à une réalité économique."

Emmanuel Macron concède cependant: "comme dans le cas du compte pénibilité, il faut l’adapter de manière pragmatique" (...). Le mécanisme doit être utile, réaliste et supportable. Ce n’est pas orthogonal à l’objectif de simplification, j’en conviens, mais nous nous efforçons de porter nos priorités avec pragmatisme." 

On a pourtant connu Emmanuel Macron plus offensif, en particulier lorsqu'il plaidait pour une réforme des conditions d'indemnisation du chômage ! C'est sans doute le métier de ministre qui rentre.

Patrick Coquidé