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Macron aux patrons: "vous avez l'amour et les preuves d'amour"

Emmanuel Macron était le seul représentant d'envergure du gouvernement à l'Université du Medef

Emmanuel Macron était le seul représentant d'envergure du gouvernement à l'Université du Medef - Eric Piermont - AFP

Le ministre de l'Economie a, lors de son discours clôturant l'université d'été du Medef, tenté de démontrer aux patrons que leurs souhaits sont déjà comblés.

Emmanuel Macron a soufflé le chaud et le froid avec le patronat, jeudi 27 août. Le ministre de l'Economie, seul poids lourd économique du gouvernement présent cette année à l'université d'été du Medef, a tenté de prouver jeudi aux chefs d'entreprise que leurs demandes avaient déjà été comblées.

Devant une assistance pour laquelle cet ancien homme du privé est la personnalité du gouvernement la plus attentive à leurs préoccupations, il n'a fait ni annonce ni promesse de court terme, hormis celle que "nous continuerons à faire".

Rappelant les mesures prises depuis l'élection de François Hollande en 2012, Emmanuel Macron a répliqué aux critiques du Medef à l'égard du gouvernement, expliquant qu'il appartenait aux chefs d'entreprise d'investir et d'embaucher. "Vous avez l'amour et les preuves d'amour", a-t-il dit, un an après la déclaration "j'aime l'entreprise" du Premier ministre, Manuel Valls, devant la même assemblée.

Dès lors, "ne vous demandez pas ce que le pays peut faire pour vous", a-t-il exhorté. "Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le pays". Dans cette optique, le ministre a invité les entreprises à ne plus tarder à investir. "Je vous le dis avec toute la force de conviction dont je suis capable et qui m'est possible: investissez maintenant, prenez des risques maintenant", a-t-il plaidé.

"Je sais que vous êtes à la bataille"

"Ce n'est pas uniquement la faute du personnel politique si les entreprises n'ont pas assez investi ces dernières années", a-t-il souligné. "Ce n'est pas la faute des politiques si le cynisme a gagné toute une partie de l'élite économique de notre pays", a insisté Emmanuel Macron, affirmant que les entreprises ne se souvenaient de leur pays que quand les vents contraires se levaient.

"Le cynisme est interdit", a-t-il insisté. Pour autant, le ministre, maintes fois applaudi lors de son discours, s'est aussi voulu conciliant vis-à-vis des patrons: "Je sais que vous êtes à la bataille, nous sommes à la bataille".

Sur plusieurs points, il a donné raison au Medef, reconnaissant qu'il n'était "plus possible" de vivre avec une dépense publique équivalant à 57% du Produit intérieur brut - un argument régulièrement brandi par le patron des patrons - ou que de "fausses idées" avaient été répandues, comme celle selon laquelle "la France pourrait aller mieux en travaillant moins".

J.M. avec agences