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Longuet: l'effort de guerre "n'est pas une raison pour tout lâcher"

Gérard Longuet appelle à trouver des sources d'économies dans le Budget

Gérard Longuet appelle à trouver des sources d'économies dans le Budget - BFM Business

Le sénateur Les Républicains et ancien ministre de la Défense était l'invité de BFM Business ce mardi. S'il approuve la décision de François Hollande d'augmenter les effectifs militaires pour lutter contre Daesh, il considère, pour autant, que les considérations budgétaires doivent être prises en compte.

François Hollande l'a clairement affirmé lundi: "le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité". Une phrase que les observateurs ont interprétée comme un renoncement aux objectifs de déficit alors que l'exécutif a décidé de créer 8.500 nouveaux postes pour lutter contre la menace terroriste.

L'effort de guerre justifie-t-il de renoncer aux objectifs budgétaires? "Non", répond Gérard Longuet. Invité de BFM Business, le sénateur Les Républicains et ex-ministre de la Défense estime que "l'effort de guerre doit être une conséquence politique du président de la République, soutenu par le gouvernement et assez largement par l'opinion et l'opposition".

Mais "cet effort de guerre s'inscrit dans une politique nationale et ce n'est pas une raison pour tout lâcher", ajoute-t-il. "Il faut chercher dans le Budget de notre pays des éléments de réduction de la dépense", plaide-t-il sans préciser les pistes à explorer.

"Nous avons pu espérer après la chute mur de Berlin et la disparition de l'Empire soviétique que nous aurions un espace de paix et d'ailleurs nous l'avons puisque le territoire français n'est pas menacé d'invasion" ajoute Gérard Longuet. Si bien qu'aujourd'hui "nous n'avons pas besoin de la même défense mais nous avons besoin d'une défense quand même".

Sans l'arme nucléaire "nous serions banalisés"

"Les Français, avec les Anglais, ont l'ambition de surveiller à l'extérieur de l'Europe. Cela suppose des moyens qui sont différents, du matériel différent, des hommes différents et un entraînement différent" insiste l'ex-ministre de la Défense.

Faut-il également, dans ce contexte, questionner le coût de l'arme nucléaire, qui représente 10% du budget de la défense? Non, répond Gérard Longuet qui rappelle que "le nucléaire est lié à notre statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU". Et dans cette optique, "notre droit de veto est légitime car nous avons l'arme nucléaire". Sans elle, "nous serions banalisés", fait valoir le sénateur.

De plus, "s'il y a un domaine où les retombées économique sont importantes en termes scientifiques, techniques et industriels c'est le nucléaire", a affirmé Gérard Longuet, citant l'exemple des services informatiques. Ainsi selon le sénateur, "le nucléaire est un investissement qui représente un bon équilibre ente l'effet politique et l'effet technologique".

J.M.