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Les médecins en grève contre la généralisation du tiers payant

Les médecins s’inquiètent du coût et de la lourdeur administrative que génèrerait la généralisation du tiers payant.

Les médecins s’inquiètent du coût et de la lourdeur administrative que génèrerait la généralisation du tiers payant. - Philippe Huguen - AFP

Trois syndicats ont appelé les généralistes à fermer leur cabinet ce 30 septembre. Une action pour marquer leur opposition à la politique de santé du gouvernement, notamment la généralisation du tiers payant.

Mieux vaut ne pas tomber malade ce 30 septembre, car il va être difficile de trouver un professionnel de santé pour se soigner. Les pharmaciens sont en grève pour protester contre le projet de réforme des professions réglementées. Ils ont le soutien des médecins généralistes qui, à l’appel des trois syndicats CSMF, MG-France et SML, ont en plus décidé de fermer leur cabinet ce même jour.

Ils entendent ainsi marquer leur opposition au projet de loi de santé que Marisol Touraine doit présenter en conseil des ministres courant octobre. Selon eux, les nouvelles mesures vont déstabiliser le système de soins en plaçant la médecine libérale sous la coupe de l’administration.

Les médecins sont particulièrement remontés contre la généralisation du tiers payant, qui permet au patient de ne pas avancer les frais médicaux.

Faciliter l'accès aux soins

Actuellement, cette mesure s’applique dans le cas de soins dispensés dans le cadre de maladie professionnelle, aux bénéficiaires de la CMU, ou bien dans pour certains actes de dépistage.

Marisol Touraine souhaite que le tiers payant soit généralisé d’ici à 2017, une mesure qu’elle qualifie "d’avancée majeure" puisque l’aspect financier ne sera plus un obstacle pour l’accès aux soins.

Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF (Confédération de syndicats Medicaux français), ne l’entend pas ainsi "Nous avons toujours dit que nous étions favorable au tiers payant social pour les populations défavorisées mais pas pour un tiers payant généralisé", explique-t-il à BFM Business.

Déresponsabiliser le patient

Selon lui cette mesure va conduire à la dévalorisation du métier de médecin puisqu’elle fait croire aux patients qu’il est gratuit de consulter.

"Les actes les plus lourds, les plus coûteux, sont déjà en tiers payant. Cela déresponsabilise les patients dans un système où tous les acteurs doivent être responsables", justifie le président de la CSMF.

"Mettre en place un tiers payant généralisé c’est aller vers une attitude consumériste. Et cela ne va pas dans le bon sens où au contraire chacun doit être conscient de la valeur de l‘acte médical et de la valeur de ce que cela coûte à la collectivité" ajoute-til.

Autres sources d’inquiétude, les lourdeurs administratives générées par le tiers payant ainsi que e financement de cette mesure.

"Les médecins n’en veulent pas parce que c’est trop compliqué, parce que cela leur prendra du temps, c’est un mécanisme coûteux à l’heure où l’on doit faire des économies. Cela va coûter plusieurs centaines de millions d’euros. Je ne sais pas qui va payer la mise en place de ce dispositif", s’inquiète Jean-Paul Ortiz.

D’autant que, quitte à ouvrir les cordons de la bourse, les médecins préfèreraient voir le prix de la consultation revalorisé d’au moins deux euros. Celui est fixé à 23 euros depuis le 1er janvier 2011, un tarif que les professionnels jugent déconnectés de la réalité.

C.C. avec BFM Business