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Les agences de notation décriées à Paris et à Berlin

Les agences de notation internationales se retrouvent au banc des accusés en France et en Allemagne, qui leur reprochent d'affoler indûment les marchés sur la Grèce mais aussi le Portugal et l'Espagne. /Photo prise le 28 avril 2010/REUTERS/Yiorgos Karahal

Les agences de notation internationales se retrouvent au banc des accusés en France et en Allemagne, qui leur reprochent d'affoler indûment les marchés sur la Grèce mais aussi le Portugal et l'Espagne. /Photo prise le 28 avril 2010/REUTERS/Yiorgos Karahal - -

PARIS - Les agences de notation internationales se retrouvent au banc des accusés en France et en Allemagne, qui leur reprochent d'affoler indûment...

PARIS (Reuters) - Les agences de notation internationales se retrouvent au banc des accusés en France et en Allemagne, qui leur reprochent d'affoler indûment les marchés sur la Grèce mais aussi le Portugal et l'Espagne.

Mercredi, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a estimé qu'il ne fallait pas "trop croire les agences" après l'abaissement de la note de l'Espagne par Standard & Poor's, qui avait aussi alerté les marchés sur la situation du Portugal en début de semaine.

Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, a lui aussi jugé qu'il ne fallait pas les prendre "trop au sérieux".

"Rien n'empêche les intervenants sur les marchés de ne pas prendre trop au sérieux les agences de notation", a-t-il dit jeudi devant des journalistes à Berlin.

Selon le ministre français du Budget, François Baroin, il n'y a "pas de risque" de voir la note souveraine de la France abaissée. "C'est durable évidemment parce que nous sommes une signature solide", a-t-il assuré sur RTL.

Pour l'ancien ministre du Budget Eric Woerth, "on est dans un système où (les agences) emballent elles-mêmes les choses".

"Les agences de notation ont aussi parfois besoin d'être réformées, elles n'ont pas vu venir les crises", a-t-il rappelé.

Même constat pour Laurent Fabius.

"Aujourd'hui, (les agences) réagissent et il y a un phénomène d'entraînement : après la Grèce, qui est un cas spécifique, le Portugal, l'Espagne sont attaqués et personne n'est à l'abri du problème", a déclaré l'ancien ministre socialiste de l'Economie.

LES POLITIQUES DOIVENT "FAIRE LEUR BOULOT"

Seul bémol, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, a estimé qu'elles étaient un simple "baromètre". "C'est les politiques qui doivent faire leur boulot", a-t-il dit sur Canal +.

"Qu'il y ait des pratiques qu'on ait besoin de changer (...), je suis d'accord mais (...) la question n'est pas celle du baromètre. La vraie question à mes yeux, c'est que dans ces moments-là, c'est les politiques qui doivent faire leur boulot", a-t-il ajouté, citant "les chefs d'Etats Européens".

"On est dans une situation qui est grave et sur laquelle, comme toujours, c'est aux politiques à prendre leur responsabilité", a-t-il insisté.

Dans son rapport annuel publié en février, la Cour des comptes s'inquiétait d'un risque de dégradation de la notation souveraine de la France dans le futur si des réformes structurelles ne sont pas menées.

Malgré le discours rassurant du gouvernement sur la note française, le leader de la CGT, Bernard Thibault, a demandé aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne de mettre "bon ordre" parmi les agences, déjà sévèrement critiquées en 2008 pour ne pas avoir vu arriver la crise des subprimes.

Des agences "particulièrement opaques (...) se voient arroger le droit supranational" de juger la gestion des Etats, a-t-il déploré.

Il faut empêcher "ces agences privées d'avoir le droit de vie ou de mort sur des entreprises, mais aussi sur des Etats", a dit le dirigeant syndical sur France 2.

Laure Bretton, Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse